Les États-Unis pressent encore la Chine de réévaluer le yuan

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AFP
Édition du mardi 12 décembre 2006

Mots clés : représentante américaine au Commerce, Susan Schwab, yuan, Économie, Dollar, États-Unis (pays), Chine (République populaire) (Pays)

«La Chine doit être rappelée à ses promesses de réformes», dit Susan Schwab

Trois jours avant sa visite en Chine, le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a encouragé le pays à «introduire une plus grande flexibilité monétaire», faisant allusion au fait que la monnaie chinoise, le yuan, est maintenue à un niveau artificiellement bas par rapport au dollar.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Les États-Unis ont menacé hier la Chine de nouveaux contentieux commerciaux et lui ont demandé une nouvelle fois implicitement de réévaluer sa monnaie, à trois jours d'une visite au sommet d'une délégation américaine dans le pays.

«Le ralentissement des réformes entrave le développement de la Chine et sape la santé de nos relations bilatérales», a estimé la représentante américaine au Commerce Susan Schwab, dans une tribune publiée dans le Financial Times, alors que le déficit commercial des États-Unis face à la Chine prend des proportions abyssales.

La Chine devrait afficher un excédent supérieur au record de 202 milliards de dollars atteint l'an dernier.

Cette situation risque de générer «des distorsions massives qui pourraient créer un risque pour l'économie chinoise et mondiale», selon elle. «Que ce soit par le dialogue, la négociation ou une procédure de règlement de litige [devant l'Organisation mondiale du commerce, NDLR], la Chine doit être rappelée à ses promesses de réformes», a-t-elle menacé.

Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a quant à lui encouragé la Chine à «introduire une plus grande flexibilité monétaire», faisant allusion au fait que la monnaie chinoise, le yuan, est maintenue à un niveau artificiellement bas par rapport au dollar, ce qui favorise les exportations chinoises.

Alors que la Chine célèbre hier les cinq ans de son accession à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), un aréopage de dirigeants économiques américains se rend jeudi dans le pays. Ils tenteront de convaincre la Chine d'ouvrir davantage ses marchés aux produits étrangers et de laisser le yuan se réévaluer. Il reste encore aujourd'hui largement arrimé au dollar.

La délégation américaine comprendra outre Mme Schwab et M. Paulson, le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke.

«Nous sommes à un moment-clé pour la Chine et pour nos relations avec ce pays», a estimé M. Paulson, qui s'exprimait dans une tribune de presse distincte publiée le même jour par le Washington Post.

Vendredi, il avait déjà affirmé qu'un yuan plus flexible permettrait à la Chine d'allouer du capital plus efficacement et d'utiliser ses gigantesques réserves de devises à des fins plus productives.

S'appuyant sur un rapport réalisé par ses services et publié hier, Mme Schwab a pour sa part souligné le bilan mitigé de la Chine concernant son ouverture à l'économie de marché.

Bien que Pékin ait revu «plus de 1000 lois et règlements» et éliminé de nombreuses barrières douanières, «nous avons des indications troublantes sur le ralentissement des réformes en Chine».

«Des voix opposées à une libéralisation supplémentaire du marché se font de plus en plus fortes», estime-t-elle, ajoutant que «l'intervention gouvernementale dans l'économie, notamment au niveau local, s'est renforcée».

Selon le rapport, les sociétés américaines se retrouvent face à un ensemble «d'obstacles réglementaires», rendant leur activité «incertaine».

Parmi les problèmes récurrents, Mme Schwab cite notamment les entorses à la propriété intellectuelle et le piratage qui «volent aux entreprises américaines des milliards de dollars».


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