Réseaux universitaires intégrés de santé - L'ouverture aux régions
Mots clés : Réseaux universitaires intégrés, CHU, Université de Sherbrooke, Québec (province)
« Le plus grand défi reste celui de la coordination »
Près de trois ans après la création des réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS) -- entités qui desservent les soins de santé et services de formation sur les territoires qui leur sont attribués --, les différentes universités sont encore à l'heure de la coordination. Le coordonnateur du RUIS de l'Université de Sherbrooke, Marc Lauzière, témoigne.Les RUIS sont composés d'un centre hospitalier universitaire (CHU), de centres hospitaliers affiliés, d'instituts universitaires et d'une université. Il y a donc autant de RUIS qu'il y a d'universités détenant une faculté de médecine: université McGill, Université de Montréal, Université de Sherbrooke et université Laval. Les activités de chacun d'eux s'étendent à un territoire sur lequel ils dispensent des soins de santé et répondent aux besoins de formation.
C'est en 2003 que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec créait les quatre réseaux universitaires intégrés de santé. À titre d'exemple, celui de McGill a sous sa responsabilité le centre et l'ouest de Montréal, l'ouest de la Montérégie, l'Outaouais, l'Abitibi-Témiscamingue, la Baie-James et le Nunavik. Celui de l'UdeM s'étend sur la Mauricie, la région de Montréal, Laval, Lanaudière, les Laurentides et une partie de la Montérégie.
Pour un million de personnes
Pour sa part, le RUIS de Sherbrooke couvre l'Estrie, les territoires adjacents du Centre-du-Québec et la partie sud-est de la Montérégie. En tout, «on dessert une population de plus ou moins un million de personnes», spécifie Marc Lauzière. Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) offre des services spécialisés et surspécialisés à cette population.
M. Lauzière admet que la division «n'est pas parfaite» et qu'il y a «des lacunes ici et là». Mais de façon générale, note-t-il, les RUIS collaborent très bien entre eux. Car voilà, certaines régions relèvent de plusieurs RUIS à la fois. La Montérégie est un cas frappant. «Si on regarde tout le sud de la Montérégie, la responsabilité d'établir les corridors de service se fait à la fois avec notre réseau, mais aussi avec celui de Montréal et celui de McGill.»
Pour ce faire, l'Agence de développement de réseaux de services de santé et de services sociaux de la Montérégie a créé un comité interRUIS. «On s'assure ainsi qu'il n'y a pas une municipalité qui se trouve entre deux chaises et qui n'est pas bien desservie par un des RUIS. Il faut s'assurer que tous les partenaires se parlent pour être certains que ça fonctionne.» C'est ce comité qui s'assure de la coordination.
La formation
Mais outre les soins de santé, il y a l'aspect de la formation. «On a toujours eu des liens étroits avec certaines régions, particulièrement lorsqu'il est question de formation», rappelle M. Lauzière. Des ententes régionales existaient déjà avant la division du territoire entre les RUIS. Entre autres choses, l'institution s'était entendue avec des établissements situés en Mauricie et en Abitibi-Témiscamingue pour offrir des milieux de stages à ses étudiants. Là aussi, des ententes interRUIS devront être convenues.
Un pôle de formation a aussi été développé au fil des années dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Son port d'attache est le Complexe hospitalier de la Sagamie. Cette région, «en bonne partie autonome», relève en fait de plusieurs RUIS, explique M. Lauzière. Les soins de santé de la région sont liés au réseau de l'université Laval.
Toutefois, «la responsabilité du bon fonctionnement, qui vise l'optimisation d'une bonne formation médicale, est sous notre responsabilité. Et cela, pour l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean». Il s'agit là d'un exemple de coordination efficace, indique-t-il.
Selon M. Lauzière, l'organisation en réseau a des aspects positifs. Les facultés de médecine doivent développer davantage de milieux de stage à l'extérieur des grands centres. Il s'agit là d'une excellente façon d'assurer une présence médicale sur l'ensemble du territoire québécois. Cela favoriserait du même coup le potentiel de rétention des futurs médecins en région.
À l'heure actuelle, peut-on prétendre que le système atteint ses objectifs? Est-il bénéfique pour la population québécoise? M. Lauzière répond: «On juge que c'est la bonne façon de s'y prendre. Nous, on le faisait déjà, on s'associait déjà énormément avec des partenaires régionaux. Cela va donc dans le même sens que ce que nous faisions.»
Collaborateur du Devoir

