Hausses de taxes modérées à Montréal

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Clairandrée Cauchy
Édition du jeudi 30 novembre 2006

Mots clés : Gérald Tremblay, Hausses de taxes, Municipalité, Budget, Montréal

Gérald Tremblay évite le pire en diminuant le taux de la taxe et en étalant la hausse du rôle d'évaluation

Photo: Jacques Nadeau

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a réussi à respecter sa promesse électorale en présentant hier un budget qui ne comporte pas de hausse du fardeau fiscal global des contribuables, à l'exception de ceux qui habitent dans les quatre arrondissements qui ont imposé une taxe locale. Les taux de taxation ont été ajustés à la baisse pour maintenir la même assiette fiscale, malgré la hausse moyenne de l'évaluation foncière de 47,4 %

En dépit d'un gel de l'assiette fiscale globale, les deux tiers des contribuables montréalais verront leur compte de taxes augmenter davantage que l'inflation (2 %).

Ces hausses sont attribuables aux variations de l'évaluation foncière ainsi qu'aux taxes spéciales imposées dans quatre arrondissements (Lachine, LaSalle, Anjou et Ville-Marie) et à l'augmentation déjà prévue de la contribution au Fonds de l'eau de 20 millions.

Le taux général de taxation moyen est de 1,3648 % pour chaque tranche de 100 $ d'évaluation foncière pour les propriétés de cinq logements et moins et à 1,4717 % pour ceux de plus de six logements. Le taux est établi à 4,5621 % pour les immeubles non résidentiels.

Les augmentations sont principalement dues à l'entrée en vigueur graduelle du nouveau rôle d'évaluation foncière, dont l'application est cependant étalée sur quatre ans plutôt que trois, sous réserve d'une autorisation de Québec qui devrait arriver dans les prochaines semaines. Même si Montréal a ajusté à la baisse ses taux de taxation pour recueillir la même assiette fiscale, les propriétés dont la valeur a augmenté davantage que la moyenne subiront des hausses de la taxe foncière.

Quatre arrondissements sont cependant venus faire un accroc à la promesse électorale de geler le fardeau fiscal en imposant une taxe locale. Cette dernière est particulièrement salée pour les contribuables de LaSalle, où elle représente une augmentation de 16,5 % de la charge fiscale. Les taxes locales d'Anjou, de Ville-Marie et de Lachine représentent quant à elles des hausses respectives de 2,9 %, 1,9 % et 0,2 %.

Le maire de Montréal était visiblement mal à l'aise devant ces nouvelles taxes locales, qui s'ajoutent à celles déjà en vigueur à Saint-Léonard, à Pierrefonds-Roxboro et à Montréal-Nord. «Il faut noter que 15 arrondissements sur 19 n'ont pas augmenté leurs charges locales. Nous aurions souhaité que l'ensemble des arrondissements fasse de même. Par contre, c'est un pouvoir local, cela devient la responsabilité des élus locaux de justifier cette hausse de taxes locales», a fait valoir Gérald Tremblay.

Au total, six arrondissements connaîtront des baisses de taxes, soit Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (0,7 %), L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève

(0,5 %), Plateau-Mont-Royal (0,1 %), Pierrefonds-Roxboro (0,4 %), Saint-Laurent (0,8 %) et Verdun (1,8 %). Outre les quatre arrondissements qui ont imposé une taxe locale, la facture sera plus salée dans neuf autres arrondissements, soit Ahuntsic-Cartierville (1,1 %), Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (1,7 %), Montréal-Nord (2,9 %), Outremont (0,3 %), Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles (2,4 %), Rosemont-La Petite-Patrie (1,5 %), Saint-Léonard (1,3 %), Sud-Ouest (3,1 %) et Villeray-Parc-Extension (2,9 %).

Un budget d'«austérité»

Aux prises avec une situation financière difficile, l'administration Tremblay-Zampino a déposé un budget de 3,927 milliards, soit 1,86 % de plus que l'an dernier, ce qui est inférieur au taux d'inflation de 2 % anticipé en 2002. «N'eût été les nouvelles taxes locales, la croissance aurait été de 1,5 %», a précisé le président du comité exécutif, Frank Zampino. De ce montant, 2,01 milliards vont aux services de l'agglomération fournis à l'ensemble de l'île (réseau artériel de route, d'aqueducs et d'égouts, service de police, de sécurité incendie, etc.) et 1,959 est attribué à la Ville de Montréal (dont 870 millions aux arrondissements).

«C'est la plus faible croissance budgétaire depuis la création de la nouvelle ville en 2002. Il s'agit d'un budget d'austérité», a fait valoir M. Zampino.

Pour arriver à juguler le déficit appréhendé de 400 millions annoncé au printemps, l'administration municipale a dû notamment geler les enveloppes budgétaires des arrondissements et de la ville centre ainsi que sa contribution aux transports en commun. L'exercice de révision des programmes permettra quant à lui de récupérer 93 millions en 2007.

Le tour de force sera cependant difficile à rééditer, prévient le maire. «C'est difficilement soutenable à court terme. Nous avons travaillé sur les dépenses, il faut maintenant travailler sur les revenus», a indiqué M. Tremblay en rappelant qu'il rencontrera le premier ministre en janvier à ce sujet.

Au chapitre des revenus, notons entre autres l'augmentation des tarifs des parcomètres, qui passeront de 0,75 à 1 $, de 1,50 $ à 2 $ et de 2 $ à 3 $, selon le secteur. Cette mesure rapportera 20 millions à la Ville, dont la moitié ira aux neuf arrondissements de l'ancien Montréal.

On prévoit également un accroissement des revenus provenant des contraventions en matière de circulation routière de 28,8 millions. La Ville procédera d'ailleurs à l'embauche d'une quarantaine de policiers affectés à la sécurité routière, dont une vingtaine pour le respect des voies réservées.

La Ville a par ailleurs dévoilé son budget triennal d'immobilisations, qui s'élèvera à 2,18 milliards, dont 703 millions seront dépensés en 2007. On crée par ailleurs un fonds d'investissement séparé de 180 millions sur trois ans pour la réalisation des grands projets, dans lequel on versera 60 millions en 2007. Ce fonds financera entre autres les infrastructures municipales liées aux nouveaux centres hospitaliers, au Quartier des spectacles et au développement de la gare de triage d'Outremont.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com