Baisse de la fréquentation des banques alimentaires
Mots clés : ACBA, banques alimentaires, Alimentation, Canada (Pays)
La fréquentation des banques alimentaires au pays a diminué de 8,5 % en 2006 par rapport à l'année précédente, révèle la plus récente étude de l'Association canadienne des banques alimentaires (ACBA).
Si 53,5 % des utilisateurs de banques alimentaires canadiennes sont prestataires d'assurance sociale, les petits salariés constituent le deuxième groupe en importance. Autre constatation: sur les 753 458 clients canadiens des banques alimentaires, 41 % sont des enfants.
L'ACBA a également remarqué que, puisque les mêmes personnes reviennent plus souvent aux banques alimentaires, le nombre de repas préparés et servis a augmenté de 9 % depuis l'année dernière.
«Le fait que les salaires réels ne se sont pas améliorés au cours des nombreuses dernières années nous dit que nos dirigeants ont négligé les droits et normes du travail au pays», a fait valoir le directeur général de l'ACBA, Charles Seiden.
«L'ACBA demande au gouvernement de faire en sorte que le travail produise les résultats escomptés et de mettre au point une combinaison de politiques concrètes concernant la sécurité du revenu d'emploi et les besoins familiaux tels que le logement et les garderies», a-t-il ajouté dans un communiqué.
Selon Clément Bergeron, directeur général de l'Association québécoise des banques alimentaires et des moissons, «il est clair que les niveaux de revenu des petits salariés sont sous le seuil de la pauvreté et, une fois qu'ils ont assuré les frais de logement et des vêtements, ils ont de la difficulté et doivent se tourner vers les banques alimentaires».
Dans la région du sud-ouest, à Salaberry-de-Valleyfield notamment, les fermetures d'industries et l'augmentation des emplois au salaire minimum ont entraîné une hausse de la fréquentation des banques alimentaires de 40 %.
«Les belles entreprises qui ont fermé leurs portes après 30 ans et 35 ans cèdent la place à des emplois pas très bien rémunérés, au salaire minimum», a fait valoir M. Bergeron.
«Le gouvernement Chrétien s'était engagé à sortir l'enfance de la pauvreté, mais elle est toujours présente au Canada. On disait qu'on voulait créer d'abord la richesse et la distribuer ensuite. Avec les surplus budgétaires fédéraux des dernières années, la distribution de la richesse fait toujours défaut, les mesures sociales ne sont pas venues», a avancé M. Bergeron.

