PLC - Rae, le discret

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Hélène Buzzetti
Édition du mercredi 29 novembre 2006

Mots clés : Stéphane Dion, PLC, Bob Rae, Canada (Pays)

Bob Rae

Photo: Agence Reuters

Ottawa -- Comment résumer la campagne de Bob Rae, l'ex-premier ministre néo-démocrate de l'Ontario et le second de cette course libérale? Si ses adversaires ont multiplié les déclarations de politique allant parfois, comme dans le cas de Stéphane Dion, dans le menu détail, Bob Rae est resté en quasi-retrait de cette course, en disant le moins possible et attendant, semble-t-il, que la force d'attraction de son expérience politique opère. Et elle a opéré.

«C'est un choix d'idées, oui, mais c'est aussi un choix de chef», avait lancé M. Rae cet automne, lors d'une rencontre éditoriale avec Le Devoir, pour justifier la maigreur de son programme. M. Rae s'est imposé comme le pragmatique de cette course, celui qui en a vu d'autres et qui ne veut pas répéter les erreurs du passé en sombrant dans les mêmes automatismes.

La nation québécoise? M. Rae croit à son existence, mais, traumatisé par son rôle d'acteur des grands débats constitutionnels de 1990, il refuse d'y replonger tête première en ouvrant cette boîte de Pandore.

En entrant dans cette course, deux fantômes le poursuivaient: son passé de néo-démocrate et son passé... de premier ministre ontarien néo-démocrate. M. Rae n'a adhéré au Parti libéral du Canada que quelques mois avant de se lancer dans la course. Il a même versé des contributions financières de quelques centaines de dollars à deux candidats du NPD le 20 janvier dernier.

Pendant son règne, de 1990 à 1995, l'Ontario a été frappé par une importante récession et a sombré dans un déficit. Son passage, traumatisant pour plusieurs Ontariens, a ouvert la voie à l'arrivée des conservateurs de Mike Harris.

Ces fantômes se sont en partie dissipés. En Ontario, M. Rae a terminé au troisième rang, avec 16,7 % des délégués élus, mais un récent sondage paru dans le Globe and Mail établit que, s'il était le chef libéral, 29 % des Ontariens croient qu'il ferait le meilleur premier ministre, contre 37 % pour Stephen Harper. Aucun de ses adversaires dans la course n'a obtenu une note aussi élevée dans aucune région du pays.

Second, M. Rae a une capacité de croissance qui semble un peu plus grande que celle de Michael Ignatieff. Les trois candidats s'étant retirés de la course jusqu'à présent (Maurizio Bevilacqua, Hedy Fry, Carolyn Bennett) se sont ralliés à lui, quoique pas toujours en entraînant leurs militants avec eux. Plusieurs estiment que si Stéphane Dion devait s'incliner, plusieurs de ses militants se joindraient à M. Rae.

***

En un coup d'oeil

Nom: Robert Keith Rae.

Naissance: 2 août 1948 à Ottawa (58 ans).

Nombre de délégués: 943 (20,1 %).

Carrière: il a obtenu un baccalauréat ès arts de l'Université de Toronto en 1969, un bac en philosophie de l'Université d'Oxford en 1971 et un bac en droit en 1977. Il entre à la Chambre des communes l'année suivante et y reste jusqu'en 1982, pour ensuite se faire élire à Queen's Park. Il devient chef du NPD la même année et sera premier ministre de l'Ontario de 1990 à 1995. Il a fondé le Forum des fédérations (1997) et l'a présidé sept ans.

Position sur Kyoto: il veut se consacrer à atteindre d'aussi près que possible les objectifs de Kyoto pour le Canada, d'ici 2012, et fixer des objectifs fermes pour les périodes subséquentes. À long terme, il vise une réduction de 60 % des émissions d'ici 2050. Bob Rae veut mettre en place un marché d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre.

Afghanistan: si Bob Rae avait été député à la Chambre des communes, il aurait voté contre la prolongation de la mission en Afghanistan jusqu'en 2009. «Personnellement, je ne me sens aucune obligation de garder les troupes jusqu'en 2009. Je crois que la première tâche d'un premier ministre, d'un nouveau premier ministre, ce serait de faire une revue totale de la mission en Afghanistan.»

Déséquilibre fiscal: Bob Rae reconnaît qu'il y a un tel déséquilibre. «Quand on voit le sous-investissement dans les infrastructures et dans l'éducation, alors qu'on [le fédéral] a un surplus de 13,5 milliards, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas un certain déséquilibre.» Mais il veut le régler par étapes, à l'aide de programmes existants. Pas question de tenir une conférence des premiers ministres.

Économie: la réduction de la TPS est une mauvaise chose, selon Bob Rae. «La pire chose à faire est de réduire les taxes à la consommation sans comprendre que ça ne stimule pas l'économie. La chose intelligente est de réduire l'impôt sur le revenu quand on peut le faire, surtout en se concentrant sur les besoins des Canadiens qui ont un revenu moyen ou faible.»


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com