Avenue du Parc: le suspense plane toujours

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Clairandrée Cauchy
Édition du mardi 28 novembre 2006

Mots clés : Robert Bourassa, hôtel de ville, Avenue Parc, Montréal

Le suspense qui planait depuis un mois sur l'hôtel de ville au sujet du changement de nom de l'avenue du Parc pour honorer la mémoire de Robert-Bourassa planera quelques heures encore. Vu le grand nombre d'interventions sur la motion, la réunion du conseil municipal a été ajournée à 23 heures hier soir et le débat se poursuivra ce matin à l'hôtel de ville.

On peut cependant prédire sans trop de risque que la motion visant à rebaptiser l'avenue du Parc devrait être adoptée avec une majorité confortable. Une proposition visant à renvoyer le dossier au comité exécutif, déposée par la chef de l'opposition Noushig Eloyan a en effet été battue par les deux tiers des voix, ce qui laisse présager un résultat équivalent en faveur de l'avenue Robert-Bourassa.

Outre les élus du Plateau et trois des cinq conseillers de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, tous les élus de l'UCIM semblent se ranger derrière la motion du comité exécutif, à en croire la façon dont ils ont accueilli la motion de l'opposition. «Je ne suis pas sûr que mes collègues se sentent totalement libres», a indiqué lors du débat le conseiller de Jeanne-Mance, Michel Prescott, élu sous la bannière de l'UCIM. Il a a souligné qu'il ne fallait pas voir dans l'opposition au changement de nom une remise en question du leadership du maire.

Tout en réitérant lors de la période de question du public que le vote sur le sujet serait «libre», le maire a enjoint ses collègues à ne pas «détourner le débat» en «prétendant qu'il n'y a pas eu de consultations». «Le Comité exécutif recommande au conseil ce soir de poser un geste aussi significatif et exceptionnel pour Robert Bourassa, un premier ministre qui a marqué le Québec, que celui qu'il a posé à l'époque pour un autre grand chef d'État, René Lévesque», a plaidé le maire Gérald Tremblay.

Il s'est cependant abstenu d'intervenir lorsque le sujet a été abordé dans l'ordre du jour, laissant le responsable de la Culture et du Patrimoine, Benoît Labonté, faire la mise au jeu. «C'est un hommage conforme à la marque laissée sur le Québec moderne par le seul premier ministre du Québec né à Montréal et élu dans un comté montréalais», a fait valoir M. Labonté, soulignant que la tenue même d'un débat sur le sujet «renforçait la démocratie».

La mobilisation des opposants a atteint son paroxysme hier, alors que quelque 400 personnes ont scandé des slogans sous la pluie devant l'hôtel de ville avant de s'engouffrer dans l'hôtel de ville. Plusieurs autobus scolaires avaient été nolisés pour l'occasion par les marchands. Ces derniers ont investi environ 75 000 $ pour financer la campagne contre la nouvelle dénomination.

La discussion a pris une allure acrimonieuse lorsqu'un des leaders du groupe, Mario Rizzi, a pris à partie la mairesse de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos, qui a pourtant fait savoir le mois dernier qu'elle avait changé d'avis et qu'elle s'opposerait à la motion. M. Rizzi lui a reproché son silence depuis ce temps. «Resterez-vous dans ce parti Mme Fotopulos? [...] Je ne pense pas que vous puissiez regagner à nouveau une élection sur le Plateau», a-t-il lancé. Piquée au vif, Mme Fotopulos, a déploré le ton «trop personnel» adopté par les opposants. «L'enjeu, c'est l'avenue du Parc et non la mairesse du Plateau. On a perdu la perspective de ce sur quoi on vote ce soir»

Le Devoir


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