Élections partielles fédérales - Raymond Gravel et Elizabeth May sont tous deux des outsiders
Mots clés : Elizabeth May, Raymond Gravel, Élections partielles fédérales, Élection, Gouvernement, Canada (Pays)

Photo: Jacques Grenier
Raymond Gravel est ce prêtre controversé dont la vie a pris une nouvelle tournure il y a près d'un quart de siècle, après qu'il eut cessé de travailler comme prostitué puis dans les bars gais de Montréal.
Un tel passé aurait vraisemblablement freiné la plupart des carrières politiques, mais le candidat de 53 ans, qui en est à sa première incursion en politique, est donné gagnant dans son comté de Repentigny, un bastion bloquiste de la région de Montréal.
Connu pour son implication sociale auprès des pauvres et des opprimés, il assure que ses occupations antérieures ne lui posent aucun problème dans sa campagne.
Sa position favorable au mariage de conjoints de même sexe et son opposition à la recriminalisation de l'avortement le placent cependant en contradiction avec la doctrine catholique. Pour obtenir de son évêque l'autorisation de se lancer en politique, l'abbé Gravel a accepté de s'abstenir de voter sur de tels enjeux moraux en Chambre.
Son adversaire conservateur, Stéphane Bourgon, ne croit pas que le passé personnel de M. Gravel ait de l'importance, mais il estime que son manque d'expérience politique et le fait qu'il ne pourra rien obtenir pour sa circonscription avec le Bloc devraient faire réfléchir les électeurs.
Si les questions locales dominent traditionnellement les élections partielles, M. Bourgon croit aussi que plusieurs électeurs indécis pourraient être tentés de voter conservateur à la suite de la résolution du premier ministre Stephen Harper reconnaissant le Québec comme une nation au sein du Canada.
L'avocat de 45 ans soutient que des sondages internes le placent à égalité avec M. Gravel. Christian Turenne, du Parti libéral, Réjean Bellemare, du Nouveau Parti démocratique, deux indépendants et un opposant à la guerre originaire du Pakistan sont aussi candidats à cette élection complémentaire.
En Ontario
En Ontario, la candidature de Mme May part de plus loin. La chef du Parti vert espère que le désir de changement sera suffisamment fort dans sa circonscription de London-Centre-Nord pour lui permettre d'écrire une page d'histoire.
Sa campagne «profite des trahisons et des promesses non remplies, et de la désillusion des électeurs en général face aux autres partis politiques», déclarait-elle en entrevue téléphonique.
Son argument de «vente» est le suivant: selon elle, voter vert fournit une occasion exceptionnelle de secouer la scène politique canadienne sans affecter le choix du parti qui formera le gouvernement. Elle affronte six autres candidats.

