Air France-KLM discute fusion avec Alitalia, mais pose ses conditions

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AFP
Édition du vendredi 24 novembre 2006

Mots clés : échange, Alitalia, Air France-KLM, Économie, France (pays)

Le président d'Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta en compagnie du directeur général délégué du groupe, Pierre-Henri Gourgeon.

Photo: Agence France-Presse

Paris -- Le groupe Air France-KLM a annoncé hier qu'il explorait une éventuelle fusion avec son partenaire Alitalia en difficulté, tout en rappelant exiger au préalable une restructuration en profondeur pour ce mariage qui suscite les réserves du gouvernement italien.

«À la demande d'Alitalia, nous avons ouvert une phase d'échange exploratoire», a déclaré le président d'Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta, lors de la présentation des résultats semestriels du premier groupe aérien européen. «Depuis l'origine, a rappelé M. Spinetta, les relations avec Alitalia ont toujours intégré une perspective de fusion à terme». Alitalia et Air France-KLM, partenaires au sein de l'alliance Skyteam depuis 2001, ont échangé une participation de 2 % en 2002.

«Mais nous avons encore besoin de réponses sur trois points: le plan d'Alitalia est-il susceptible d'arriver a un équilibre économique satisfaisant pour la compagnie? Partageons-nous une même vision de la stratégie et du futur? Et quelles seraient les synergies qui résulteraient» d'un rapprochement, s'est interrogé le patron d'Air France-KLM, groupe lui-même né de la fusion des compagnies française et néerlandaise en 2004.

À la Bourse de Paris, les investisseurs ont très mal réagi à cette perspective. L'action Air France-KLM plongeait de 7,3 % à 29,91 euros. Le titre Alitalia, en revanche, progressait à la Bourse de Milan de 2,5 % à 0,97 euro.

Selon le directeur général délégué du groupe, Pierre-Henri Gourgeon, ces échanges de vue, amorcés «il y a moins d'un mois», pourraient durer «quelques semaines».

Alitalia a confirmé avoir noué des contacts avec Air France-KLM, mais ceux-ci «sont encore dans une phase initiale et ne sont pas exclusifs». La compagnie nationale italienne explorerait en parallèle des opportunités d'alliance en Asie.

Depuis plusieurs mois, Air France-KLM insiste, en réaction à des rumeurs récurrentes de rapprochement, sur le fait qu'elle n'envisagera une fusion qu'après un redressement d'Alitalia, qui s'attend pour 2006 à une perte nette supérieure aux 167 millions d'euros de l'an dernier.

En octobre, M. Spinetta avait évoqué à demi-mot les conditions d'Air France-KLM pour épouser Alitalia. Rappelant l'existence en Italie de deux plateformes de correspondance, Rome et Milan, il avait affirmé qu'il y aurait «des choix à faire». En outre, Alitalia, confrontée à une vive concurrence sur son réseau moyen-courrier, «souffre d'un problème de revenus». Dans ce cas, «il faut se demander s'il faut maintenir ou supprimer un certain nombre de lignes déficitaires», avait suggéré M. Spinetta.

Selon le Corriere della Sera, Air France-KLM demande le départ de 200 pilotes (soit un sur 10) et de 300 à 400 assistants de vol sur 5000, ainsi que l'arrêt de trois avions long-courriers et de 20 moyens-courriers.

Le dossier Alitalia sera évoqué demain entre le président du conseil italien Romano Prodi et le président français Jacques Chirac lors du sommet franco-italien de Lucques (centre de l'Italie).

Dans un entretien au Figaro hier, M. Prodi affirme avoir «beaucoup de doutes» sur les intentions d'Air France concernant la compagnie aérienne italienne, détenue à 49,9 % par l'État. «Je voudrais connaître les vraies intentions d'Air France», dit-il. «Veut-elle créer un grand groupe européen de transport aérien dans lequel l'Italie ait aussi sa place ou simplement s'emparer du marché italien du transport aérien, qui est grand et riche?», ajoute-t-il.


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