Afghanistan: le Canada fait erreur, selon CARE

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PC
Édition du samedi 18 et du dimanche 19 novembre 2006

Mots clés : CARE, Afghanistan (Pays), Canada (Pays)

Kandahar, Afghanistan -- Selon le président et chef de la direction de CARE Canada, John Watson, le Canada a commis une erreur irréparable en Afghanistan en confondant l'aide humanitaire et les opérations militaires.

M. Watson a affirmé hier que la guerre menée par le Canada au sud du pays, notamment dans la région de Kandahar, neutralise l'aide des organisations non gouvernementales (ONG) aux populations sinistrées.

«J'ai bien peur qu'on ait manqué une occasion», a-t-il énoncé au cours d'un entretien téléphonique avec la Presse canadienne, depuis Kaboul, la capitale de l'Afghanistan. «Il est trop tard. Même si nous étions invités à Kandahar, je ne suis pas sûr que nous irions actuellement. Nous avons déjà notre lot d'urgences dans le monde.»

Fondé en 1946, CARE Canada constitue le plus important organisme non confessionnel d'assistance en cas d'urgence et d'aide au développement international du Canada. Il versera 37,7 millions de dollars en Afghanistan cette année.

M. Watson a demandé conseil à des responsables locaux de l'aide humanitaire à Kaboul et espère aussi pouvoir discuter avec des représentants locaux de l'OTAN. Même si CARE est à court de moyens, il aimerait visiter la région de Kandahar ainsi que la base de l'Équipe provinciale de reconstruction (EPR), située dans la ville de Kandahar.

Mais ses déclarations antérieures concernant cette équipe lui font craindre que sa requête soit rejetée.

«J'ai été extrêmement dur envers l'EPR, mais je suis convaincu que nos effectifs font ce qu'ils peuvent. Mais jumeler l'aide humanitaire à un camp militaire s'avère un bien mauvais concept.»

John Watson aurait préféré que le Canada s'en tienne à son rôle traditionnel de maintien de la paix et laisse les responsabilités militaires aux États-Unis. La combinaison des tâches du soldat et du travailleur humanitaire a de quoi rendre la population afghane méfiante, a-t-il estimé.

«En 2002, peu de ressources avaient été investies, mais il y avait un grand espoir. Aujourd'hui, nous accomplissons beaucoup de choses et les ressources sont abondantes [...]. Les Afghans sont vraiment très pessimistes sur la suite des événements.»

Le Conseil de coordination des secours à l'Afghanistan, qui chapeaute plus de 90 ONG dans ce pays, a admis que le rôle de l'EPR se révèle ambigu.

Elle a aussi soutenu que les militaires devraient s'en tenir à leur rôle.


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