Les fournisseurs d'Airbus seront durement frappés par sa cure minceur

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AFP
Édition du mardi 07 novembre 2006

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Airbus a indiqué qu'il voulait faire passer le nombre de ses fournisseurs de près de 3000 à environ 500 d'ici 2010.

Photo: Agence Reuters

Paris -- L'avionneur européen Airbus, engagé dans un plan de redressement drastique lié aux retards de l'A380, va faire peser les premiers efforts sur ses fournisseurs, dont il veut réduire le nombre de 80 %.

Airbus a indiqué hier qu'il voulait faire passer le nombre de ceux-ci de près de 3000 à environ 500 d'ici 2010, confirmant des informations parues hier dans le Financial Times Deutschland. «Nous avons beaucoup trop de fournisseurs extérieurs pour une entreprise qui fabrique quinze produits différents. Par exemple, sur 16 sites en Europe, nous avons huit ou neuf fournisseurs pour les vêtements de travail. Et cela a un coût élevé», a expliqué le directeur de la communication d'Airbus France, Jacques Rocca. Il a précisé qu'Airbus était en train d'informer ses fournisseurs et allait les inciter «à se regrouper».

De plus, l'avionneur a précisé qu'il entendait réduire d'ici 2010 ses coûts administratifs de 900 millions d'euros (correspondant à la réduction de 30 % de ses coûts de fonctionnement annoncée début octobre) et ses coûts d'achats de 350 millions d'euros, grâce à la réduction du nombre des fournisseurs.

Airbus va également tailler dans les coûts de logistique. Le constructeur aéronautique, qui possède aujourd'hui 80 sites logistiques, compte réduire à entre quatre et huit le nombre de ceux-ci.

Pour compenser les difficultés financières liées au retard du gros porteur A380, EADS, la maison mère de l'avionneur, a annoncé début octobre un plan d'économies drastiques chez Airbus, baptisé «Power8», pour réduire les coûts de deux milliards d'euros par an à partir de 2010. Des suppressions d'emploi sont également prévues.

La réduction du nombre de fournisseurs était également inscrite dans les objectifs du plan de redressement.

Le 18 octobre, le président d'Airbus, Louis Gallois, avait clairement prévenu que le groupe ne pourrait pas «échapper à une réduction du nombre de sous-traitants et de fournisseurs».

M. Gallois avait précisé que cinq des chantiers du plan Power8 portant notamment sur l'accélération des programmes de développement, la relation avec les fournisseurs et les économies de structure étaient déjà engagés. Il n'avait par ailleurs pas exclu que le groupe doive se séparer de certains sites.

En France, le ministre des Transports Dominique Perben avait rencontré le 16 octobre les sous-traitants d'Airbus. Il avait annoncé à l'issue de cette rencontre que l'État allait mobiliser les systèmes publics de soutien à la trésorerie des entreprises, notamment la banque des PME Oséo pour aider les fournisseurs les plus touchés par les retards du programme A380.

En France, 4000 à 5000 entreprises fournisseurs de l'industrie aéronautique, dont 200 sociétés environ, associées au Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), réalisent souvent plus de la moitié de leur chiffre d'affaires avec Airbus, selon le OIFAS.

Les intérimaires font également les frais du plan de redressement d'Airbus, et le 17 octobre, l'avionneur avait indiqué qu'il allait se séparer d'un millier d'entre eux en Allemagne.

Il avait également annoncé qu'il allait recourir à un ensemble de mesures pour compenser le ralentissement de l'activité dans ses usines sur l'ensemble des sept sites du groupe en Allemagne, où Airbus emploie en tout 22 000 personnes.


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