L'avenir d'Internet débattu par tous ses acteurs à Athènes

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AFP
Édition du mardi 31 octobre 2006

Mots clés : fgi, onu

Vouliagmeni, Grèce -- Un an après le refus des États-Unis de céder un pouce de leur contrôle sur l'Internet, les représentants de plus de 90 États et les grands acteurs du réseau ont commencé à se réunir hier à Vouliagmeni, dans la banlieue d'Athènes, pour parler de l'avenir de la Toile.

Baptisée Forum sur la gouvernance de l'Internet (FGI), cette rencontre d'une ampleur inédite placée sous l'égide de l'ONU est consacrée pendant quatre jours à nombre des grands thèmes qui agitent le Net: cybercriminalité, liberté d'expression, coût du réseau, protection des données personnelles.

«Le défi est d'amener à coopérer deux cultures: la communauté Internet avec son cadre de décision informel, du bas vers le haut, et le monde plus officiel et structuré des gouvernements et des organisations internationales», a déclaré le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan dans une message lu à la tribune par son conseiller spécial pour Internet, Niti Desai.

Parmi les quelque 1200 participants au forum figurent, en plus des États, les principales sociétés opérant sur la Toile, notamment Yahoo!, Google, et Microsoft, les grandes institutions internationales (UE, OCDE) ou encore les «pères» de l'Internet, les chercheurs Vint Cerf et Robert Kahn.

La délicate question du contrôle américain sur la Toile devrait s'inviter aux débats, même si elle n'est pas explicitement inscrite au programme du forum.

Le Sommet sur la société de l'information de Tunis, en novembre 2005, avait été marqué par une vive opposition entre Washington et le reste du monde au sujet du statut de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), organisme sous contrôle du gouvernement américain chargé de la gestion technique du réseau, qui a notamment le rôle clé d'attribuer les «noms de domaines» (les .fr, .ca, .uk, .net ou .com).

Les États-Unis avaient refusé de céder sur cette question, mais avaient, en guise de compromis, accepté le principe de création du FGI.

«Fondamentalement, nous connaissons les positions de chacun sur cette question. Ici, il s'agit d'un débat et pas d'une négociation, nous n'allons donc pas nous étendre sur ce seul problème», veut croire Markus Kummer, coordinateur du groupe de travail de l'ONU sur la gouvernance de l'Internet.

Dans un discours à l'ouverture du forum, la commissaire européenne à la Société de l'information et aux médias, Viviane Reding, a pour sa part concentré ses attaques sur les États qui censurent Internet et traquent leurs cyberdissidents. «La liberté est souvent vue comme une menace par ceux qui ne croient pas aux droits de l'Homme et qui veulent imposer leur vision du monde ou leurs croyances religieuses», a-t-elle dit.

«L'élément clé pour la Commission européenne est de garder Internet comme un lieu ouvert et sans censure, où tous les citoyens peuvent communiquer les uns avec les autres sans demander la permission de personne, encore moins celle de leurs gouvernements», a-t-elle poursuivi.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ou de la liberté d'expression, comme Amnesty International et Reporters sans frontières (RSF), représentées au forum, entendent bien faire de cette question de la censure un sujet central des débats.


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