Le Québec compte plus d'infirmières que jamais

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Guillaume Bourgault-Côté
Édition du mardi 31 octobre 2006

Mots clés : oiiq

On parle encore pourtant de pénurie

Les infirmières sont plus nombreuses que jamais au Québec, selon le dernier relevé effectué par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Exactement 68 745 personnes sont maintenant membres du Tableau de l'Ordre: c'est davantage que les sommets atteints avant la grande vague des mises à la retraite de l'époque du déficit zéro.

Le détail des effectifs dévoilés hier lors du congrès annuel de l'OIIQ -- les grandes lignes avaient été publiées il y a deux semaines par l'Institut canadien d'information sur la santé -- montre une augmentation nette de 962 membres (1,4 %). Il y a eu entre le 1er avril 2005 et le 31 mars de cette année 2559 départs, compensés par l'arrivée d'un total de 3521 infirmières (2827 nouveaux permis et près de 700 retours).

«C'est particulièrement encourageant de voir autant d'infirmières revenir à la pratique, note Gyslaine Desrosiers, présidente de l'Ordre. C'est une bonne indication. Ça veut dire que la profession offre des possibilités de carrière intéressantes.» Globalement, Mme Desrosiers parle de «très bons résultats. On commence à redresser la tendance. Ça fait trois ans de suite qu'on voit des hausses constantes des effectifs. On récolte un peu ce qu'on a semé».

Pénurie

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), il manque 1544 infirmières pour combler la pénurie qui sévit au Québec (4465 prévues pour 2010). Toutefois, ce chiffre ne veut pas dire qu'il y a 1544 postes actuellement ouverts, loin de là: la pénurie est plutôt calculée sur le nombre d'heures supplémentaires effectuées par les infirmières déjà en poste au Québec. «On ne connaît pas la demande réelle à travers le réseau», indique Mme Desrosiers.

«Maintenant qu'on a plusieurs nouvelles recrues, il faudra faire en sorte que les employeurs ouvrent des postes -- et continuent à appliquer les incitatifs qui existaient pour retenir les infirmières durant les grosses années de pénurie. Il faut absolument inciter nos jeunes à rester dans la profession», estime la présidente de l'Ordre, qui mise beaucoup sur la valorisation et l'enrichissement de la fonction d'infirmier ou d'infirmière pour attirer encore plus de jeunes au sein de la profession.

En ce sens, un grand pas sera franchi aujourd'hui avec l'entrée en fonction des 17 premières infirmières praticiennes spécialisées, ces fameuses «superinfirmières» dont on parle depuis quelques années. Elles seront assermentées ce matin et pourront dès lors officiellement pratiquer leur nouveau métier. Détentrice d'une maîtrise, ces infirmières effectueront certains actes qui ne pouvaient jusqu'ici être faits que par des médecins. Le salaire qu'elles toucheront sera proportionnel aux responsabilités élargies, soit quelque 81 000 $ au sommet de l'échelle.


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