Un test sanguin pour détecter l'Alzheimer

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Pauline Gravel
Édition du mardi 31 octobre 2006

Mots clés : alzheimer

Des chercheurs britanniques sont en train de mettre au point un test sanguin qui pourrait détecter la maladie d'Alzheimer avant que ne se manifestent les premiers symptômes de démence.

On découvre habituellement qu'une personne est atteinte de la maladie d'Alzheimer par un examen clinique évaluant ses performances cognitives, aucun test fiable et complètement objectif n'étant disponible à l'heure actuelle. Les seuls marqueurs biochimiques, ou molécules dont la concentration est modifiée spécifiquement dans la maladie d'Alzheimer, qui ont été découverts à ce jour sont trois protéines présentes au sein du liquide céphalo-rachidien (LCR), dans le lequel baignent le cerveau et la moelle épinière. Le prélèvement de ce liquide s'effectue par ponction lombaire, une intervention qui s'avère difficile à supporter pour des personnes âgées et souvent handicapées.

Comme 500 millilitres de LCR sont déversés dans le sang chaque jour, il apparaît fort probable que le plasma sanguin regorge de biomarqueurs de la maladie, font remarquer les chercheurs. De plus, la barrière hématoencéphalique (sang-cerveau) est souvent endommagée dans la maladie d'Alzheimer, ce qui permet à un plus grand nombre de protéines de passer d'un milieu à l'autre.

Les chercheurs du King's College de Londres ont alors cherché des marqueurs de la maladie dans le sang, qu'on peut prélever beaucoup plus aisément. À l'aide des techniques de la protéomique, cette nouvelle science qui vise à identifier les protéines produites par le corps humain, et notamment celles exprimées spécifiquement dans une maladie particulière, ils ont analysé le plasma de 510 personnes âgées, dont la moitié d'entre elles souffraient de la maladie d'Alzheimer. Quand ils ont comparé le plasma des individus atteints de la maladie à celui des contrôles sains, les scientifiques ont mis le doigt sur quelques protéines déjà reconnues comme étant associées à la pathologie de la maladie. Notamment deux d'entre elles, le «complement factor H» et l'alpha-2-macroglobine, étaient plus abondantes chez les patients atteints de démence que chez les personnes exemptes de maladies neurodégénératives. De plus, leurs niveaux variaient en fonction de la gravité de la maladie.

Bien que ces résultats restent à confirmer, les chercheurs qui révèlent leur découverte dans la revue Brain affirment qu'un test sanguin permettant de vérifier la teneur de ces deux protéines permettrait de dépister la maladie beaucoup plus tôt, avant que n'apparaissent les premiers symptômes, et ainsi d'amorcer un traitement qui pourrait aider à stabiliser l'état de la personne.


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com