Ottawa a enrichi des avocats américains avec le conflit sur le bois d'oeuvre
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Ottawa -- Le litige sur le bois d'oeuvre a porté un dur coup à l'industrie forestière canadienne, mais il a enrichi des avocats américains, révèlent des documents obtenus par la Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. D'avril 2002 à mars 2006, Ottawa a dépensé pas moins de 40,8 millions de dollars en frais juridiques pour régler le dossier, une somme principalement versée à des cabinets d'avocats américains.
Guy Chevrette, p.-d.g. du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), corrobore ce chiffre, soulignant qu'à lui seul, son organisme a dépensé 5 millions par année dans ce dossier. M. Chevrette estime que les trois principales provinces productrices (la Colombie-Britannique, le Québec et l'Ontario) ont dépensé chacune entre 5 et 10 millions par année en frais juridiques dans le dossier.
À cela, il faut ajouter les dizaines de millions de dollars que les entreprises elles-mêmes ont investi dans leurs propres poursuites judiciaires contre l'industrie et le gouvernement américains.
C'est en 2005-06 qu'Ottawa a le plus dépensé en frais juridiques pour le bois d'oeuvre: 13 millions. En 2002-03, le montant s'est élevé à 10,3 millions, tandis qu'il a été d'environ 8,5 millions en 2003-04 et de 9 millions en 2004-05.
Les relevés indiquent qu'en 2003-04, trois cabinets d'avocats ont touché les principaux contrats fédéraux: Weil, Gotshal & Manges, basé à New York (4,9 millions), Osler, basé à Toronto (269 000 $) et Thomas and Partners, basé à Vancouver (250 000 $). Weil a aussi obtenu la plupart des mandats en 2005-06. Les noms des firmes retenues les années précédentes ne figurent toutefois pas dans les documents.
Au cours du litige, Ottawa a ouvert de nombreux fronts de contestation contre les États-Unis: des procédures ont été lancées devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les tribunaux constitués en vertu de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et des cours américaines.
Plus tôt ce mois-ci, le ministre du Commerce international, David Emerson, a annoncé la mise en oeuvre de l'accord canado-américain sur le bois d'oeuvre, négocié ces derniers mois. D'ici la fin de l'année, les forestières canadiennes devraient récupérer quelque 5 milliards de dollars des droits punitifs qu'elles ont versés depuis le début du conflit, en mai 2002, soit environ 80 % du total.
Les droits américains seront remplacés par une taxe à l'exportation imposée par Ottawa.

