Candidat bloquiste dans Repentigny - Raymond Gravel veut défendre les plus démunis de la société

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Alexandre Shields
Édition du lundi 30 octobre 2006

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Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a accueilli hier avec chaleur le candidatde son parti dans la circonscription de Repentigny à l'élection partielle du 27 novembre prochain.

Photo: Jacques Nadeau

Quelque heures après avoir célébré sa dernière messe à titre de curé de la paroisse Saint-Joachim-de-la-Plaine, dans Lanaudière, Raymond Gravel a été officiellement désigné hier comme candidat du Bloc québécois en vue de l'élection partielle du 27 novembre dans la circonscription de Repentigny. Conservateurs et néo-démocrates sont eux aussi en campagne, tandis que les libéraux n'ont pas encore désigné de candidat.

Si M. Gravel fait le saut en politique active, c'est d'abord et avant tout pour continuer de défendre «les gens sans défense, qui sont démunis et qui sont rejetés, a-t-il expliqué en entrevue au Devoir. J'ai toujours dénoncé les injustices et les inégalités. C'est à ce niveau que je veux continuer de travailler». Il dit notamment avoir à coeur la défense des droits des personnes âgées et des autochtones.

Prêtre depuis une vingtaine d'années, il estime que «sur le plan social et sur le plan de la lutte contre la pauvreté, les politiques de l'Église et celles défendues par le Bloc se ressemblent beaucoup». «Il faut défendre des valeurs de solidarité avec les plus démunis, et le Bloc a ça à coeur parce que ce n'est pas un parti de pouvoir», a-t-il ajouté.

L'abbé, âgé de 53 ans, prend soin de préciser qu'il ne brigue pas les suffrages pour «imposer la religion à la politique». «Je ne vais pas là pour imposer ma foi, même si j'y vais avec mes valeurs chrétiennes, a-t-il expliqué hier. Du côté des conservateurs, il y a beaucoup de pasteurs évangéliques qui veulent imposer la religion à la politique. Moi, c'est justement le contraire que je veux faire. Je veux leur rappeler que la religion et la politique ne se mélangent pas.» Selon lui, «la droite religieuse est très forte, et il est temps de dire qu'on ne partage pas toutes leurs idées». Sur ce point, il établi d'ailleurs un parallèle entre le gouvernement de Stephen Harper et les républicains de George W. Bush.

Vu comme un religieux qui n'a pas hésité à bousculer les tabous de l'Église, il prend toutefois soin de préciser qu'il tiendrait compte de son engagement envers le Vatican dans ses nouvelles fonctions. «S'il y avait un vote à la Chambre des communes pour savoir "êtes-vous pour ou contre le mariage gai", je pense que je m'abstiendrais pour ne pas mettre mon Église dans l'embarras. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas débattre de la question», a illustré M. Gravel hier.

S'il avoue avoir «encore plein de choses à apprendre» en politique, Raymond Gravel entrevoit surtout un éventuel séjour à Ottawa «comme une expérience, pour voir comment fonctionnent les rouages de la politique. Je veux aussi porter un autre regard sur la réalité sociale des gens».

«Tout comme ce fut le cas pour le regretté Benoît Sauvageau, je suis persuadé que Raymond Gravel saura gagner la confiance des électrices et des électeurs de Repentigny et défendre avec beaucoup d'humanité leurs intérêts à la Chambre des communes», a affirmé pour sa part le chef bloquiste, Gilles Duceppe. À la dernière élection fédérale, feu Benoît Sauvageau avait obtenu plus de 24 000 voix d'avance sur son plus proche adversaire, le candidat conservateur Claude Jr Lafortune.

Autres candidats

Cependant, même si la circonscription est un bastion bloquiste depuis quatre scrutins, le candidat conservateur à l'élection du 27 novembre, Stéphane Bourgon, s'est dit confiant hier. «J'ai excellentes chances de l'emporter», a-t-il jugé. Selon lui, seul les conservateurs veulent «donner une place au Québec».

M. Bourgon a d'ailleurs dit sentir un «besoin de changement» chez l'électorat. «Les gens comprennent de plus en plus que le Bloc n'a plus sa place à Ottawa, que le Bloc, autre que de bloquer et de tourner en rond, ne fait rien pour les Québécois et ne fait rien pour le comté de Repentigny», a soutenu cet avocat de formation qui occupe depuis 1997 le poste de Conseil en Défense auprès du Tribunal pénal international, à La Haye, aux Pays-Bas. Il s'était déjà présenté sous la bannière conservatrice en janvier dernier, mais avait terminé troisième dans cette circonscription remportée par la bloquiste Meili Faille.

Par ailleurs, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a fait campagne hier dans Repentigny avec son candidat Réjean Bellemare. Ce dernier est syndicaliste à la FTQ et a déjà fait partie des Forces armées canadiennes. Les libéraux fédéraux n'ont pour leur part pas encore désigné de candidat. L'élection complémentaire, qui aura lieu le 27 novembre, a été rendue nécessaire par la mort du député bloquiste Benoît Sauvageau. Ce dernier est décédé dans un accident de voiture le 28 août.


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