Le film «Bel esprit» à ARTV

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Jean-Pierre Audet
Édition du lundi 30 octobre 2006

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Mardi, 24 octobre, ARTV présentait un film exceptionnel : «Bel esprit». L'héroïne du film, docteur en philosophie, avait enseigné la pensée du poète philosophe du 17e siècle, John Donne. La voilà à l'hôpital. Tout le film porte sur son traitement de chimio pour un cancer invasif inguérissable... et sur sa réflexion à propos de la vie et de la mort, à partir des écrits de John Donne à qui nous devons entre autres ceci :

« No man is an island , entire of itself... » Et ce qui suit tel que traduit de l'anglais : «Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne ». (Donne’s Devotions, 1624)
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Donne">http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Donne

Voici ce qu'en dit un site Internet : «C'est l'un des textes les plus célèbres de la littérature anglaise. Dire qu’ « aucun homme n’est une île » ne saurait faire une apologie du collectivisme, comme d’aucuns ont voulu croire. C’est une constatation d’évidence. Tout homme est « une partie de l’ensemble », grâce à quoi nous bénéficions du commerce et de la culture. « La mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain » : nous en tirons l’enseignement qu’agresser autrui est s’agresser soi-même, c’est une règle morale sans exception et à laquelle nous pouvons souscrire sans réserve.»

Le film «Bel esprit» est prenant du début à la fin. La «patiente» se fait servir par le personnel médical le même «esprit rigoureux» et inhumain qu'elle-même avait jadis servi à ses étudiants universitaires. Loin de se révolter, cette femme en phase terminale accède à des niveaux de conscience exceptionnels. Et cadeau pour le spectateur, elle nous les communiques dans des «apartés» succulents qui font cohabiter l'humour et la souffrance. C'est donc avec raison que Chesterton a repris cette petite phrase de John Donne : «Nul n'est une île.» Chaque humain qui meurt emporte avec lui une part de moi.

Depuis Darwin, nous voilà davantage que Donne - il vivait au 17e siècle - sensibles à notre parenté avec les animaux, les plantes ou les étoiles dont nous sommes poussières, selon la belle expression de l'astrophysicien Hubert Reeves. Rien de ce qui arrive à l'univers ne nous est étranger. Nous sommes partie intégrante d'un grand tout. Notre passage individuel sur terre semble si peu marquant dans ce vaste univers aux temps infinis, que nous pourrions être tentés de le croire sans importance. Pourtant rien n'est indifférent à la beauté du tout dont l'harmonie globale est tributaire du petit frisson qu'aura constitué notre passage éphémère sur la planète Terre.


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