Nation québécoise: Harper évite de se prononcer

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Édition du samedi 28 et du dimanche 29 octobre 2006

Mots clés :

«La vraie question est: est-ce qu'on est pour un Canada uni ou non?», dit le premier ministre

Oakville -- Le premier ministre Stephen Harper continue de faire l'impossible pour ne pas se prononcer sur la question de la nation québécoise.

Invité par une lettre ouverte de l'ex-premier ministre Bernard Landry à reconnaître que le Québec forme une nation, M. Harper s'est bien gardé, hier, de donner une réponse directe devant les médias.

«Je n'ai pas pris une position, a-t-il déclaré en conférence de presse à Oakville, en Ontario. J'ai dit que c'est un débat sur des mots. Moi, je reconnais que l'Assemblée nationale a adopté une telle position. C'est sa compétence. [...] Je préfère que le fédéral [ne définisse pas] le Québec, mais je peux considérer n'importe quelle suggestion.»

En matinée, son lieutenant québécois, Lawrence Cannon, s'était pourtant mouillé.

«Est-ce que le Québec constitue une nation? Mon approche, c'est oui, mais une nation qui évolue à l'intérieur d'un cadre fédératif», a affirmé M. Cannon sur les ondes de Radio-Canada.

En fait, au lieu de se prononcer clairement sur la question, le premier ministre a préféré attaquer les souverainistes.

«La vraie question n'est pas la nation, a-t-il soutenu. Ce n'est pas la vraie question pour M. Landry ou pour M. Cannon. La vraie question est: est-ce qu'on est pour un Canada uni ou non? Nous sommes pour un Canada uni. M. Landry veut diviser la population et c'est la raison pour laquelle le Parti québécois et le Bloc québécois veut [sic] changer de sujet. [...] La population ne partage pas leurs objectifs.»

En anglais, Stephen Harper s'est montré encore plus circonspect. «Le Québec est une partie indispensable de ce pays, c'est là la position que nous défendons», s'est-il limité à dire.

La résurgence du débat sur la nation québécoise découle de l'adoption par l'aile québécoise du Parti libéral fédéral, le week-end dernier, d'une résolution à ce sujet. Celle-ci doit être soumise au vote des délégués de l'ensemble du parti lors du congrès biennal qui se déroulera à Montréal, à la fin de novembre. Le débat s'annonce houleux.


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