Kyoto: seul l'Ontario aura l'aide d'Ottawa
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La province obtiendra les 538 millions promis mais le Québec, lui, n'aura pas un sou
Ottawa -- Le gouvernement fédéral refuse d'aider financièrement les provinces à respecter le protocole de Kyoto sur les changements climatiques, sauf une: l'Ontario.Sous l'ancien gouvernement libéral, l'Ontario avait conclu avec Ottawa un accord de 538 millions de dollars à cet effet. En novembre 2005, Québec et Ottawa était proches d'une entente de 328 millions, mais le déclenchement de la dernière campagne électorale fédérale a mis fin aux pourparlers, qui n'ont jamais repris.
En mai dernier, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a écrit à son homologue ontarien, Dwight Duncan, pour lui annoncer que le pacte de 538 millions qui devait financer la fermeture des centrales au charbon de la province ne tenait plus.
«Nous financerons pleinement cet accord, que nous respecterons à la lettre», a déclaré mercredi un porte-parole du ministre, Dan Miles, à la Presse canadienne.
Le hic, c'est qu'il est maintenant trop tard pour les autres provinces. L'Ontario est la seule à avoir conclu une entente avec Ottawa et, maintenant, le robinet est fermé, soutiennent les conservateurs.
Le député Bernard Bigras, du Bloc québécois, déplore ce qui ressemble à une situation de deux poids, deux mesures.
«Ce qui est paradoxal, c'est que l'Ontario n'a pas de plan [de réduction des émissions de gaz à effet de serre] alors que le Québec en a un», a-t-il affirmé au cours d'un entretien téléphonique.
Dépenses fédérales de 600 millions
Interrogée à ce sujet hier, la ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, a refusé de répondre avec précision, se contentant de faire référence aux négociations en cours sur le règlement du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces. Elle a tenu à préciser que la mise en oeuvre des nouveaux règlements fédéraux annoncés la semaine dernière pour améliorer la qualité de l'air coûterait 600 millions au fédéral.
Il faut dire que l'Ontario, malgré les assurances des conservateurs fédéraux, dit n'avoir toujours rien reçu des 538 millions de dollars promis.
Il s'agit peut-être d'un problème d'interprétation. En mai, le ministre Flaherty a indiqué qu'Ottawa ne souhaitait plus financer la fermeture des centrales au charbon, mais plutôt des projets de transports en commun, ce qui ne plaît pas au gouvernement ontarien.
Par ailleurs, une source gouvernementale a assuré mercredi, sous le couvert de l'anonymat, que le gouvernement fédéral a toujours l'intention d'aider financièrement les provinces à lutter contre le réchauffement de la planète. On rappelle que, dans le budget 2006, 1,3 milliard de dollars ont été mis à la disposition des provinces pour les transports en commun. Il reste que ce montant est bien inférieur aux attentes des provinces.
Québec compte sur les 328 millions d'Ottawa pour financer une partie de son plan de lutte contre les changements climatiques, dévoilé en juin. Hier, le ministre québécois de l'Environnement, Claude Béchard, a mis sur pied une coalition d'organismes et d'entreprises qui a envoyé à Mme Ambrose une lettre recommandant à Ottawa de «soutenir financièrement les stratégies énergétiques et de réduction des émissions de gaz à effet de serre des provinces».
Étonnamment, Rona Ambrose s'est dite en «parfait accord» avec la requête de la coalition, sans toutefois entrer dans les détails.
Dans l'espoir de calmer le jeu, la ministre a invité hier Claude Béchard à l'accompagner à la prochaine réunion sur le protocole de Kyoto, qui aura lieu au Kenya le mois prochain.
Au cabinet du ministre Béchard, on a indiqué ne pas avoir encore décidé d'accepter ou non l'invitation.

