Dégringolade des prix des maisons neuves aux États-Unis

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François Desjardins
Édition du vendredi 27 octobre 2006

Mots clés : prix, maisons

Maison à vendre près de Chicago: les prix des maisons unifamiliales neuves ont chuté de 9,7 % en un an.

Photo: Agence Reuters

Richard Nixon était encore président, Ford venait de lancer la Pinto et Elvis Presley entamait sa première tournée en 12 ans. Il faut remonter à 1970 pour trouver une baisse des prix des maisons neuves aussi forte que celle observée aux États-Unis en septembre.

Les prix des maisons unifamiliales neuves ont chuté de 9,7 % entre septembre 2005 et septembre 2006, a indiqué hier le département du Logement américain. Plusieurs économistes ont estimé que cette baisse traduisait notamment les concessions et les efforts de marketing déployés par les constructeurs résidentiels pour séduire les acheteurs potentiels.

Les données gouvernementales suggèrent que l'opération de charme semble avoir fonctionné: si le nombre de ventes est en baisse de 14 % par rapport à l'an dernier, il est en hausse de 5 % par rapport à août 2006.

Des médias américains ont récemment fait état des techniques radicales qu'utilisent les constructeurs pour vendre des maisons, notamment l'ajout gratuit d'un écran plasma, d'une piscine ou d'une nouvelle voiture.

Cette annonce survient au lendemain d'une autre donnée selon laquelle les prix des maisons existantes ont reculé de 2,5 % sur la même période. La ruée d'acheteurs sur le marché a été en bonne partie alimentée par la faiblesse des taux d'intérêt de 2001 à 2004. Or, puisque les taux ont repris leur ascension, la demande s'essouffle et les maisons que les promoteurs construisaient dans l'espoir de profiter de la folie s'accumulent.

Les économistes et analystes estiment que le refroidissement du marché immobilier entraînera une diminution des dépenses de consommation aux États-Unis. Par ricochet, ce resserrement du portefeuille aurait un impact sur l'économie canadienne, qui expédie vers le sud une généreuse partie de sa production manufacturière. L'ampleur de cet impact demeure inconnu.

Le prix médian d'une maison neuve en sol américain était de 217 000 $US le mois dernier. Un prix médian (à ne pas confondre avec un prix moyen) est celui qui divise l'ensemble des maisons en deux parties égales.

«La pression sur le marché résidentiel n'est pas près de disparaître, compte tenu des stocks de maisons invendues et de la détérioration des prix, a écrit l'économiste Bart Melek, de la Banque de Montréal. La baisse des prix des maisons unifamiliales, à la fois neuves et existantes, aura pour effet de donner aux ménages l'impression d'être plus pauvres, de limiter les refinancements hypothécaires, de réduire les dépenses de consommation et de ralentir les mises en chantier.»

Aux yeux de Stéfane Marion, économiste à la Financière Banque Nationale, le recul des prix des maisons neuves traduit les concessions que les constructeurs résidentiels sont prêts à faire pour écouler leurs maisons. Il y avait en septembre 2005 environ 491 000 maisons invendues. Ce chiffre se situe aujourd'hui à 557 000, une hausse de 13 %.

Les maisons en vente se décomposent en trois catégories: celles qui ne sont pas encore en construction, celles qui sont en construction et celles qui sont finies mais ne trouvent pas preneur. Cette dernière catégorie a explosé de 47 % en un an et représente 157 000 maisons, un record de tous les temps.

«Les données d'hier sont probablement le résultat de deux facteurs, a dit M. Marion. Les gens s'achètent des maisons plus petites et bénéficient d'un meilleur pouvoir de négociation avec des contracteurs qui sont pris avec un surplus d'inventaire. Cela aura un impact sur le marché des maisons existantes.»

Ce nouveau rapport de force s'applique non seulement aux États-Unis mais aussi à plusieurs marchés canadiens, dont Montréal, où il n'est pas rare de voir un vendeur concéder quelques dizaines de milliers de dollars pour trouver un acheteur.

Les données québécoises montrent généralement, depuis le début de 2006, que les prix augmentent dans une fourchette de 3 à 6 %, selon les secteurs et les catégories.


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Le prix médian d'une maison au canada ou quebec - par mario foisy
Le samedi 11 novembre 2006 13:00

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