Un loft story artistique
Mots clés : loft
La Fonderie Darling lance ses résidences d'artistes dans une aile rénovée

Si les résidences sont monnaie courante au Québec depuis des années, Montréal était jusqu'ici assez pauvrement pourvu à ce chapitre. Des quelque 25 galeries offrant des résidences dans la province (notamment à Alma, Chicoutimi, Gatineau, Hull, Carleton et Québec), selon le Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec, Montréal comptait les siennes sur les doigts d'une seule main (Oboro, la Galerie Clark et celle offerte par le Conseil des arts et lettres du Québec)... jusqu'à hier.
«On souhaitait accompagner les artistes dès le début de leur processus de création jusqu'à la diffusion de leur oeuvre, explique Caroline Andrieux, directrice artistique de Quartier Éphémère. On voulait que ce soit leur maison, qu'ils se sentent chez eux, comme une grande famille. Il n'y a pas beaucoup de lieux de regroupement pour les artistes.»
Ainsi, au premier étage, le designer Antonin Sorel voisine avec la sculpteur et vidéaste Valérie Blass, l'artiste de l'image Klaus Scherübel, le très polyvalent Michael Robinson, Antony Burnham et Karilee Fuglem, dont l'oeuvre monumentale et fragile occupe actuellement l'espace principal de la fonderie. Les jeux de projections lumineuses des Suisses Sybille Havert et Daniel Reichmuth ainsi que le fleuve Saint-Laurent revisité par la Française Perrine Lievens, tous trois en résidence pour quelques mois, partagent le deuxième étage avec la photographe Isabelle Hayeur, l'artiste multidisciplinaire Suzanne Dery, le peintre Justin Stephens et Jérôme Ruby. Enfin, le rez-de-chaussée abrite deux ateliers de production.
«En quelques semaines déjà, il y a eu plein d'échanges, lance l'artiste Antony Burnham. C'est ce qui rend le lieu magique. Et ça ne fait que commencer. Je suis
assez excité.»
Choisis par un comité de professionnels de l'art présidé par Mme Andrieux, les artistes payent l'atelier 260 $ par mois pendant deux ans (renouvelable pour un an), ont accès à des matériaux et pourront parfois profiter des locaux d'exposition en cours ou en fin de séjour. Deux des lofts servent d'atelier plus temporaires.
«On essaie de couper les coûts pour leur offrir les meilleures conditions de travail possibles, indique la directrice. L'idée, c'est de donner au métier d'artiste un vrai statut. Il faut revaloriser le rôle des artistes dans la ville, surtout dans les quartiers en développement; ce sont des philosophes à leur manière.»
Ces conditions pourraient encore s'améliorer si la générosité d'investisseurs privés se manifestait (à la suite de la soirée de levée de fonds mercredi) ou si les gouvernements déliaient davantage les cordons de leur bourse. La fonderie reçoit pour l'instant 10 000 $ en subventions de plus qu'auparavant pour faire fonctionner plus du double de sa surface et accueillir ses locataires créatifs.
Le soutien public a toutefois été au rendez-vous pour la transformation du lieu, qui a coûté 2,5 millions. Près du quart de la somme a été assumé par des commanditaires comme L. M. Sauvé, qui a fourni la brique, le Fonds d'efficacité énergétique de Gaz Métro, qui assure un chauffage écologique, ainsi que les architectes L'Îuf et
Desnoyers Mercure, qui ont conçu les rénovations en y intégrant magnifiquement les éléments architecturaux originaux.
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