La moitié des Américains veulent un retrait des troupes d'Irak

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Reuters , AFP
Édition du vendredi 27 octobre 2006

Mots clés : retrait, troupes

Maliki veut davantage d'autonomie pour contrer la violence

L'armée américaine a poursuivi hier ses opérations de ratissage dans des quartiers de Bagdad.

Photo: Agence Reuters

Bagdad -- Les pertes américaines en Irak ne cessent de s'alourdir et approchent désormais de la centaine pour le seul mois d'octobre, alors que le président George W. Bush peine à justifier sa stratégie à l'approche des élections de mi-mandat, où il risque de perdre sa majorité au Congrès.

L'armée américaine a annoncé hier que cinq militaires américains ont été tués au combat mercredi dans la province occidentale d'Anbar, un bastion de l'insurrection sunnite.

Leurs décès portent à 96 le nombre de militaires américains tués pendant le mois en cours, ce qui fait d'ores et déjà d'octobre le mois le plus meurtrier depuis un an. L'armée américaine avait enregistré ses pertes mensuelles les plus sévères en novembre 2004. Cent trente-sept soldats avaient alors été tués.

À moins de deux semaines des élections de mi-mandat où la majorité républicaine au Congrès est en jeu, 50 % des Américains se déclarent favorables à un retrait des troupes au plus tard à la fin de 2007, révèle un sondage Reuters-Zogby rendu public hier.

Parmi eux, 15 % demandent un retrait immédiat. Ils sont par ailleurs 41 % à souhaiter que le contingent américain reste en Irak jusqu'à ce que «la situation soit stable».

En dépit de l'hostilité croissante de l'opinion à l'égard de la stratégie américaine en Irak, le président George Bush a réaffirmé mercredi que les troupes resteraient en Irak «jusqu'à ce que le boulot soit fait». Il a cependant précisé que la stratégie serait modifiée pour s'adapter au nouveau visage de l'ennemi.

Bush a affirmé que la patience américaine n'était pas infinie, mais il a refusé d'imposer un quelconque ultimatum au gouvernement irakien de Nouri al-Maliki afin qu'il prenne en main plus rapidement la sécurité du pays.

Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a assuré hier qu'il serait en mesure de venir à bout de la violence en six mois si Washington lui laissait plus d'autonomie et lui fournissait davantage d'armes.

«Ils pensent qu'il faut entre 12 et 18 mois pour mettre sur pied les forces irakiennes, pour que nous soyons en mesure de garantir la sécurité», a déclaré Maliki, faisant référence à l'estimation donnée deux jours plus tôt par le général George Casey, commandant des forces américaines en Irak.

«Nous reconnaissons que notre contingent a encore du travail devant lui, mais songez que si, comme nous le demandons, nous prenions nous-mêmes en main la refondation des forces de sécurité, alors cela ne prendrait pas 12 ou 18 mois, six seraient suffisants», a affirmé Maliki.

Le premier ministre veut avoir son mot à dire sur la politique de sécurité et il a critiqué la stratégie de ses alliés américains en ce domaine. «Si quelqu'un est responsable de la piètre situation sur le plan de la sécurité en Irak, c'est bien la coalition», a-t-il déclaré.

«Je suis aujourd'hui premier ministre et je coiffe l'ensemble des forces armées. Pourtant, je n'ai pas le droit de déployer une seule compagnie sans l'accord de la coalition à cause du mandat de l'ONU», a-t-il précisé.

Maliki a par ailleurs affirmé que le gouvernement irakien n'avait pas donné son accord au «calendrier d'objectifs» proposé par les États-Unis afin de mettre fin rapidement à la violence, contrairement à ce qu'a affirmé mardi l'ambassadeur américain en Irak, Zalmay Khalilzad.

«Le terme employé par Khalilzad était inexact», a estimé Maliki, selon qui le diplomate américain a fait référence aux changements espérés par le gouvernement et non aux actions qu'il entendait mener.Les autorités américaines reprochent notamment à Maliki de ne pas être venu à bout des milices, comme il s'y était engagé.Le premier ministre a indiqué avoir obtenu l'accord de plusieurs dirigeants de milices chiites, parmi lesquels l'imam radical Moktada al-Sadr, pour un arrêt des violences.


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