Ford accuse une perte de près de 6 milliards avec la restructuration
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Photo: Agence Reuters
La perte du troisième trimestre est imputable pour 4,6 milliards à des provisions liées à la restructuration des activités automobiles en Amérique du Nord -- fermeture de plusieurs usines et suppression de 40 000 emplois d'ici 2008 -- mais aussi à la dépréciation d'actifs relatifs aux sites qui seront fermés et à la marque Jaguar, en difficulté. En excluant la provision, la perte revient à 1,2 milliard, comparativement à une perte de 191 millions un an auparavant. Calculée par action, cette perte équivaut à 62 ¢US là où les analystes attendaient -61 ¢US.
Le nouveau p.-d.g. de Ford Alan Mulally a fait part de son mécontentement pour un trimestre qu'il n'a pas piloté, et alors que le groupe tente de convaincre de la pertinence de sa restructuration. «Clairement, ces résultats ne sont pas acceptables», a-t-il commenté, tout en affirmant, sur la chaîne CNBC, que «le marché va voir nos progrès car nous avons les bonnes mesures en place».
La priorité est donnée à «une restructuration agressive [...] et à une accélération du développement de nouveaux véhicules que les consommateurs voudront vraiment», a-t-il indiqué, en écho à la perte de vitesse de Ford aux États-Unis face aux modèles des concurrents asiatiques.
«Le mauvais trimestre de Ford n'était pas une surprise», note Kimberly DuBord, du site d'analyse financière Briefing.com, ajoutant qu'«avec un nouveau dirigeant, nous nous attendions à ce qu'il décide de faire un grand ménage pour entamer l'avenir nettoyé». Par ailleurs, relève cette analyste, «le marché à ce stade souhaite donner un peu d'air à Ford alors que le groupe restructure ses activités».
Les analystes de Bear Stern soulignaient pour leur part le bon niveau de liquidités, inchangé par rapport au deuxième trimestre à 23,6 milliards.
Toutefois, les performances de la région Amérique du Nord restent dans le collimateur de ces analystes. Alors que l'ensemble des activités automobiles accuse une perte avant impôts de 1,8 milliard, l'Amérique du Nord représente une perte de 2 milliards. Dans une moindre mesure, l'Europe et l'Asie Pacifique sont aussi en perte, de 13 et 56 millions respectivement.
En Amérique du Nord, le résultat «s'est aggravé de 70 % sur un an malgré des économies de 650 millions sur le trimestre relatives à un accord avec le syndicat UAW sur les prestations santé», note Bear Sterns Sterns. Himanchu Patel, de JPMorgan, blâme lui «un mauvais mélange entre prix et produits» et estime que «la région pourrait accuser une perte de 5 à 6 milliards sur l'année entière».

