À voir à la télévision le samedi 21 octobre - Vie et mort d'un baby-boomer
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Faire mourir un personnage du Déclin de l'empire américain? L'idée de Denys Arcand était brillante, diaboliquement efficace sur le plan narratif et de surcroît, même si la chose n'est jamais garantie, particulièrement lucrative. Imaginez: une suite, 17 ans plus tard, à un des films les plus populaires du cinéma québécois, ici comme à l'étranger. Car les deux sont loin d'être compatibles...
C'est la mort qui va les réunir, dans une cérémonie d'adieux qu'Arcand orchestre avec beaucoup d'habileté et à l'image d'une génération qui a toujours vécu dans la conviction de son éternelle jeunesse et l'importance de la satisfaction de ses désirs. Ce départ vers l'au-delà se fera dans une curieuse plénitude, celle d'un personnage bourré de contradictions et qui jusqu'à la fin refuse de changer. Qu'on se le dise: même sur son lit d'hôpital, le don Juan de pacotille du Déclin éprouve davantage de regrets futiles que de remords profonds...
Radiographie «lucide» (dans le sens d'un certain manifeste... ) du désordre moral et social qui règne dans le Québec d'aujourd'hui, c'est ce mélange bien dosé de mélodrame et d'ironie qui aura permis à Arcand et à ses Invasions barbares de faire la conquête du monde. De Cannes à Paris en passant par Hollywood, la fin heureuse et soft d'un baby-boomer a fait coulé larmes et encre, récoltant plusieurs prix au passage, dont un qui changea à jamais la carrière de Marie-Josée Croze.
Les Invasions barbares, SRC, 19h30
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