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Les cyanobactéries au lac Massawippi : phénomène conjoncturel ou structurel ?

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Michel Clairoux (michel.clairoux@usherbrooke.ca)
Envoyé Le mardi 17 octobre 2006 14:00



La lecture de l'article de Louis-Gilles Francoeur nous amène vers cette réflexion, mais dans le cas du lac Massawippi les données dont nous disposons nous amènent plutôt vers un problème plus structurel, donc plus grave. Selon le MAPAQ Estrie, depuis dix ans la surface de production du maïs et soja a augmenté de 3.5 fois, surtout au dépend de la forêt. 85% de toute la charge en phosphore du lac Massawippi provient d'un seul tributaire, la rivière Tomifobia. L'eau de cette rivière a été identifiée avec 2 autres par le MAPAQ Estrie en 2005 comme parmi la plus menacée par la pression de la production agricole.

Le temps de séjour hydrologique du lac est relativement long puisqu'il faut 1,88 an pour que le volume d'eau contenu dans le lac soit complètement renouvelé. Lorsque le temps de séjour est long, il est difficile de confirmer à l'aide de tests d'eau que le lac reçoit des apports importants en nutriments provenant de son bassin versant. En effet, les lacs avec des temps de séjour plus long que six mois cachent bien leurs « défauts » en permettant aux nutriments de se sédimenter au fond du lac et sur le littoral. ». Le phosphore qu'on retrouve dans le lac en septembre 2006 vient aussi de l'été 2005.

La bande riveraine est artificialisée à 40 %, malgré tous les efforts déployés, il n'y a pas eu d'amélioration depuis plus de 10 ans. Nous connaissons le problème, et pourtant nous n'arrivons pas à agir ensemble. J'espère que collectivement nous nous réveillerons à temps !

Michel Clairoux
Association pour la protection du lac Massawippi

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