Une centaine de morts au Sri Lanka - Attentat des Tamouls contre un convoi militaire

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Reuters
Édition du mardi 17 octobre 2006

Mots clés : tamouls, explosifs

Les armes des marins décédés ont été rassemblées sur les lieux de l'attentat.

Photo: Agence Reuters

Colombo -- Des rebelles tamouls présumés ont lancé hier un camion bourré d'explosifs sur un convoi militaire de la marine au Sri Lanka, tuant au moins 92 personnes, parmi lesquelles des civils, a-t-on appris auprès des forces armées.

L'attaque du convoi de marins s'est produite près de la ville d'Habarana, à quelque 200 km au nord-est de la capitale, Colombo. Au moins 92 personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées, a dit un porte-parole de l'armée, qui a précisé que ce bilan risquait de s'alourdir.

Cet attentat, l'un des plus meurtriers commis sur l'île de l'océan Indien, intervient au début d'une semaine au cours de laquelle d'intenses négociations sont prévues pour relancer le processus de paix, à l'approche des discussions des 28 et 29 octobre à Genève.

L'armée avait rassemblé ses hommes dans un camp de transit près d'Habarana, avant de les transporter vers la base de Trincomalee, dans l'est de l'île. «Il y avait une quinzaine de bus, dont 13 ont été endommagés dans l'explosion», a dit un officier de marine sous le sceau de l'anonymat.

Le convoi s'est arrêté près de la ville et de nombreux militaires étaient descendus de leur bus quand l'attentat a eu lieu. Il y avait des magasins dans cette zone et plusieurs civils ont également été touchés. «Les marins étaient en civil et ne portaient pas d'arme car soit ils revenaient, soit ils partaient en permission», a expliqué le porte-parole de l'armée. «Quand les LTTE [Tigres de libération de l'Eelam tamoul] ne peuvent pas combattre l'armée en mer, ils se livrent à ce genre d'attentat», a-t-il ajouté.

Keheliya Rambukwella, ministre et porte-parole du gouvernement pour les questions de défense, a de son côté parlé d'un «attentat barbare contre des militaires non armés». «Il est évident que les LTTE ne veulent pas renoncer au terrorisme», a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Colombo a publié un communiqué imputant cet acte aux rebelles tamouls. «Cette tentative visant à provoquer un retour de bâton à la veille de la nouvelle série de pourparlers de paix [de Genève] montre à l'évidence les funestes desseins en vue de saboter le processus de paix reconnu par la communauté internationale.»

De son côté, un porte-parole militaire des rebelles a fait savoir qu'il allait vérifier auprès des commandants militaires régionaux des LTTE pour savoir si son mouvement était responsable de cette action.

L'attentat d'hier intervient au moment où Yasushi Akashi, émissaire du Japon, le principal bailleur de fonds du Sri Lanka, est dans l'île pour tenter de relancer le processus de paix.

Des centaines de personnes ont péri depuis juillet dans un net regain de violence qui a rendu caduque la trêve conclue en 2002.

L'armée a par ailleurs annoncé qu'un de ses chasseurs «Kfir» s'était écrasé à Negombo, à une trentaine de kilomètres de la capitale mais elle n'a pas été en mesure de préciser les circonstances de cet accident.

La semaine dernière, des dizaines de militaires et de rebelles ont péri dans une des batailles les plus violentes depuis le cessez-le-feu. Les combats entre l'armée sri-lankaise et les Tigres de libération de l'Eelam tamoul ont fait plus de 65 000 morts depuis 1983.


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