RDC : des civils enlevés par l'armée

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Reuters
Édition du mardi 17 octobre 2006

Mots clés : civils

Kinshasa -- L'armée congolaise se livre en Ituri à l'enlèvement de civils qu'elle oblige à travailler pour elle, a dénoncé hier l'organisation Human Rights Watch dans un rapport, deux semaines avant le second tour d'élections historiques pour la République démocratique du Congo (RDC). Les civils enlevés dans cette province du nord-est du pays ont été contraints de travailler dans des champs, de creuser des mines d'or, de jouer les porteurs pour l'armée sous la menace des armes et certains ont même été tués, affirme l'organisation basée à New York.

L'Ituri a été une des provinces les plus durement touchées par la guerre régionale congolaise qui a mis aux prises jusqu'à six pays africains sur le territoire de la RDC entre 1998 et 2003 et fait quatre millions de morts.

Le second tour de la présidentielle, le 29 octobre, doit permettre de boucler le processus de paix. Mais les violences n'ont jamais véritablement cessé dans de nombreuses zones de l'Est du pays, où des détachements de l'armée congolaise soutenus par les Casques bleus de la MONUC s'affrontent régulièrement aux différentes milices.

«Les soldats de l'armée congolaise ont été envoyés en Ituri pour protéger les civils contre les exactions commises par les milices, mais leur action est désastreuse», a déclaré dans un communiqué Alison Des Forges, porte-parole de HRW.

«Les civils détenus sans chef d'accusation pour servir de main-d'oeuvre gratuite aux soldats doivent être relâchés immédiatement.»

HRW demande au gouvernement d'ouvrir une enquête et de punir les militaires responsables de ces exactions.


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