Spectacle - Bob Dylan lance sa tournée nord-américaine avec un arrêt à Vancouver

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Édition du lundi 16 octobre 2006

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Bob Dylan sera à Montréal le 8 novembre, au Centre Bell.

Photo: Agence Reuters

Vancouver -- Si le début de la tournée nord-américaine de Bob Dylan nous apprend quelque chose, c'est que le nouveau Dylan n'arrive pas à la cheville de l'ancien, peu importe ce qu'en disent les critiques.

Bob Dylan a entamé la portion nord-américaine de sa nouvelle tournée qui suit la parution de son dernier opus, Modern Times, un album unanimement bien accueilli par la critique, un changement important en comparaison de l'éreintement dont elle a fait preuve lors de la sortie des derniers CD de Dylan.

Mais à en juger par les commentaires de ses fans et leur bruyante appréciation lorsqu'il entame ses classiques sur scène, c'est le vieux Dylan qui continue de remplir les amphithéâtres.

Modern Times -- le 31e album de Dylan -- a reçu de très élogieux commentaires de la part des critiques du magazine Rolling Stone et du blogue musical réputé pour être très sévère, www.pitchforkmedia.com.

Toutefois, Adrian Bishop, qui a assisté au spectacle, s'est dit très déçu d'avoir eu à débourser 60 $ pour cette soirée, où son plus grand moment de réjouissance aura été la première partie, assurée par Kings of Leon.

«Je pense qu'à chaque décennie Bob Dylan sonne complètement différemment de la précédente, et c'est difficile de couvrir 40 ans de carrière en 90 minutes, a dit M. Bishop. Je suis venu pour le vieux Dylan, et le nouveau Dylan m'a laissé tomber.»

Dylan a interprété un assortiment de chansons plus ou moins récentes, mais les 12 000 personnes ont manifesté de façon plus marquée leur plaisir en entendant les premières notes de vieux classiques comme Tangled up in Blue, Watching the River Flow et une version plus rythmée de Don't Think Twice.

Son matériel plus récent, comme Cat's in the Well, de son album Under Red Sky, paru dans les années 90, et Tweedle Dee & Tweedle Dum, de l'album Love and Theft, paru en 2001, ont reçu un accueil plus froid de la foule.

Dylan a alterné entre les claviers et l'harmonica sur scène, jouant parfois des deux instruments en même temps. Il a laissé les partitions de guitares à quelques-uns des cinq musiciens l'accompagnant, vêtus de complets bruns et de chapeaux noirs.

Il a très peu interagi avec son public entre les chansons; un public qui l'écoutait religieusement alors que les volutes de marijuana meublaient l'air du Pacific Coliseum.

De loin, Dylan aurait pu passer pour une version plus jeune de lui-même. Il était vêtu d'un veston militaire très tendance, sur un pantalon noir arborant une unique ligne blanche le long de chacune des jambes et un chapeau de cow-boy noir.

Le décor de la scène n'était également pas suffisant pour enflammer la foule. Il consistait en un énorme rideau de velours rouge en arrière-plan, où était projeté un unique dessin d'allure tribale, et d'un éclairage très simple.

Le spectacle a atteint son paroxysme lors du rappel, quand Dylan et son groupe ont offert d'excellentes prestations d'All Along the Watchtower et de Like a Rolling Stone.

Pendant ces deux chansons, Dylan battait la mesure tout en se déhanchant, et son enthousiasme n'est pas passé inaperçu.

«La rumeur veut que ce soit tout ou rien lors de ses spectacles, a dit Mathiew Wacowich, qui n'avait jamais vu Dylan en spectacle avant mercredi dernier. Je pense que ça aurait pu être un excellent spectacle ce soir, mais que ça ne lui disait pas. La foule n'était pas très réceptive non plus. La foule a embarqué un peu plus vers la fin, et c'était évident qu'il pouvait ressentir cette énergie.»

Par contre, pour Bob Bracken, âgé de 13 ans, ce spectacle fut une expérience mémorable. «Toutes ses chansons étaient mystérieuses. C'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis celui des Moffatts.»

Dylan sera de retour au Canada le mois prochain, alors qu'il s'arrêtera à London, à Ottawa, à Toronto et à Montréal en compagnie des Foo Fighters, qui assureront la première partie.


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