Zaccardelli n'accepte pas le concept d'imputabilité - L'ex-commissaire des plaintes du public dénonce le patron de la GRC

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Hélène Buzzetti
Édition du vendredi 13 octobre 2006

Mots clés : grc, zaccardelli

La pression publique sur Giuliano Zaccardelli augmente de jour en jour en raison de sa gestion de l'affaire Maher Arar

Ottawa -- L'actuel commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli, est allergique à toute tentative du public d'avoir un droit de regard sur les actions de ses policiers, allègue celle qui, pendant huit ans, a justement eu pour responsabilité de gérer les plaintes des citoyens envers leur police fédérale. Ces reproches extrêmement sévères surviennent au moment où la pression publique sur M. Zaccardelli augmente de jour en jour en raison de sa gestion de l'affaire Maher Arar.

Selon la présidente sortante de la Commission des plaintes du public contre la GRC, Shirley Heafey, M. Zaccardelli ne comprend pas et surtout n'accepte pas le concept d'imputabilité et de reddition de comptes. Elle estime que ses difficultés à obtenir la coopération de la GRC dans le cadre de ses enquêtes ont commencé lorsque M. Zaccardelli en a pris la tête, en 2000.

«Quand je suis arrivée à la commission [en octobre 1997], c'était le commissaire Philip Murray, a relaté Mme Heafey hier. Pendant les trois ans qu'il a été là [à la tête de la GRC], je n'ai pas eu de problème. Ça allait très bien. Le leadership, ça vaut pour beaucoup. Ç'a commencé avec l'arrivée du commissaire Zaccardelli. Il ne comprend pas le système de redevabilité, il ne comprend pas le système de plaintes. Il acceptait avec beaucoup de difficulté le fait d'être obligé de rendre des comptes à une agence civile. C'est très difficile.»

Mme Heafey a présidé la Commission des plaintes de 1997 à 2005. Elle participait hier à une conférence de presse organisée dans la foulée de la commission d'enquête sur l'affaire Arar. Elle a rappelé qu'elle avait reçu une plainte à l'époque où l'affaire a éclaté au grand jour. La GRC avait refusé de coopérer à son enquête, lui soumettant à peine une page et demie d'information. Elle s'est adressée à la Cour fédérale pour forcer la GRC à lui transmettre les renseignements demandés, en vain.

Ce grave reproche adressé à M. Zaccardelli s'ajoute aux soupçons qui pèsent sur le commissaire depuis le dépôt du rapport de la commission, qui accuse lourdement la GRC. Plusieurs voix dans les cercles politiques, médiatiques et citoyens se sont élevées pour réclamer sa démission.

Le Canadien Maher Arar a été arrêté aux États-Unis en 2002 et expulsé vers la Syrie, où il a été torturé et emprisonné pendant un an, «très probablement» sur la foi d'informations fausses et incendiaires inventées par la GRC et transmises aux autorités américaines.

M. Zaccardelli a semé des doutes sur sa transparence et son honnêteté en prétendant en comité parlementaire que dès l'arrivée de M. Arar en Syrie, il avait acquis la conviction qu'il y avait eu erreur sur la personne et qu'il en avait informé les personnes qui devaient être mises au courant dans l'appareil gouvernemental. Tous les ministres libéraux en poste à l'époque, y compris le premier ministre Paul Martin, ont affirmé au cours des derniers jours n'avoir jamais rien su de l'erreur de la GRC.

Mme Heafey, qui fait aujourd'hui partie de la direction de l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, conclut qu'elle a «de grosses questions» sur le leadership de la GRC. «Pensez-vous qu'il soit normal que les agences de sécurité puissent faire ce qu'elles veulent, qu'elles ne soient pas obligées de rendre des comptes?», a-t-elle demandé. La conférence de presse d'hier a réuni autour d'une même table trois autres citoyens canadiens ayant subi un traitement similaire à celui de Maher Arar dans la foulée des attentats terroristes de 2001. Abdullah Almalki, Muayyed Nureddin et Ahmed el-Maati s'exprimaient pour la première fois en public depuis la publication du rapport du juge Dennis O'Connor sur l'affaire Arar. Sans en faire une recommandation formelle, le juge O'Connor suggère au gouvernement canadien d'ouvrir une enquête sur ces trois cas pour déterminer s'ils constituent autant de preuves que ce qui est arrivé à M. Arar n'est pas une simple exception mais un nouveau modus operandi des services de renseignement canadiens. Le gouvernement fédéral s'est engagé à se plier à cette suggestion. La forme que prendra le mécanisme d'enquête n'est toutefois pas encore arrêtée. Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, attend la recommandation de ses fonctionnaires, explique-t-on à son bureau.

Les trois hommes prétendent qu'ils ont aussi subi la torture dans la même prison syrienne où Maher Arar a croupi pendant un an. Certains se sont même croisés pendant leur incarcération. Tous prétendent que les questions posées pendant les interrogatoires semblaient avoir été soumises par les autorités canadiennes.

La mésaventure de M. Arar a commencé parce qu'il avait le malheur de connaître M. Almalki, qui avait un tel intérêt aux yeux de la GRC qu'une équipe spéciale, le Projet A-O Canada, avait été créée pour enquêter sur lui. C'est dans le cadre de cette enquête que M. Arar a été pris dans les filets du renseignement international. M. Almalki, de retour au Canada depuis 2004, n'a jamais été arrêté et aucune accusation n'a été portée contre lui. Mais tout indique qu'il ferait toujours l'objet, comme MM. El-Maati et Nureddin d'ailleurs, d'une enquête de la GRC.

Le Devoir


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Vive la ?!?Démocratie?!? Vive la ?!?Justice?!? - par Robert C. Paradis (paradisrc@hotmail.com)
Le vendredi 13 octobre 2006 13:00

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