Pour sauver des emplois - Ottawa doit agir dans le secteur du vêtement, croit Duceppe

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PC
Édition du mercredi 11 octobre 2006

Mots clés : duceppe

«Il y a des mesures d'adaptation possibles sur deux, trois ans»

Confronté à une autre fermeture d'usine dans le secteur du vêtement, dans son propre comté, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe presse le gouvernement fédéral d'agir.

Il est faux de prétendre que ces fermetures d'usines dans le textile et dans le vêtement sont inévitables et qu'elles ne sont qu'un effet secondaire de la mondialisation, a plaidé le chef du Bloc québécois. Et il est aussi faux de prétendre que le gouvernement ne peut rien faire face à cette situation, a-t-il martelé.

M. Duceppe, accompagné de représentants de syndicats de ce secteur, a rencontré la presse, hier, devant l'usine Cardinal, à Montréal, qui se trouve dans sa circonscription. L'entreprise Cardinal fermera ses portes le 27 octobre. Environ 85 personnes perdront alors leur emploi, a relaté Lina Aristeo, directrice du syndicat Conseil du Québec, affilié à la FTQ. Cardinal confectionne des manteaux de haut de gamme, qui seront désormais fabriqués en Chine.

Les conditions de travail y sont relativement bonnes, affirmait Mme Aristeo. Le salaire y est d'environ 11 $ l'heure, avec assurances collectives et régime de retraite.

Ces travailleurs qui vont perdre leur emploi, «ils ont fait une vie là-dedans. Ils ont été capables d'envoyer leurs enfants à l'école. Pour eux, ce serait une grosse perte», déplorait Mme Aristeo. «S'ils se replacent, ils vont se replacer encore une fois dans l'industrie du vêtement. Il n'y a plus personne qui veut aller travailler dans ces industries-là. Ils ont tous peur que la nouvelle compagnie dans laquelle ils vont se trouver va fermer aussi. Mais ce sont des emplois qui valent la peine d'être sauvés», a-t-elle plaidé, remerciant le Bloc québécois de porter sa cause dans l'arène politique.

Le chef du Bloc québécois demande au gouvernement du Canada de suivre l'exemple des États-Unis et de l'Europe, qui se sont prévalus de clauses qui existent dans les accords internationaux, notamment en imposant des quotas aux importations chinoises.

«Il y a des mesures d'adaptation possibles sur deux, trois ans, a plaidé M. Duceppe. Dans le cas du textile, par exemple, les Américains, eux, ont adopté pour les vêtements bas de gamme le fait que si les vêtements sont fabriqués à partir de fibre textile américaine, ces vêtements entrent sans douanes aux États-Unis. Vous comprendrez que ça a remonté l'industrie textile.

«Ce sont des mesures qui sont permises» en vertu des grands accords internationaux, a souligné M. Duceppe.

Le chef bloquiste réclame aussi que le gouvernement fédéral exige des pays qui veulent exporter au Canada le respect de certaines normes, concernant par exemple l'interdiction du travail des enfants.

M. Duceppe tient également à obtenir un programme d'aide pour les travailleurs âgés. Dans l'industrie du textile et du vêtement, justement, les travailleurs sont souvent âgés et n'ont pas toujours les diplômes requis pour les besoins d'aujourd'hui sur le marché du travail. «Il y a beaucoup de ces gens qui ne sont pas reclassables. Il faut se le dire; il ne faut pas se cacher la vérité. Qu'est-ce qu'on dit à ces gens? Ça fait 40 ans que vous aidez une compagnie? Vous êtes un vieil outil usagé, on se débarrasse de vous? Mais derrière ces statistiques, il y a des hommes, il y a des femmes, il y a des réalités humaines», a protesté M. Duceppe.

À Toronto, la coalition syndicale pancanadienne a affirmé que depuis quelques années, 50 000 emplois ont été perdus au Canada dans l'industrie du textile et du vêtement, principalement au Québec.


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