Rendez-vous manqué
Mots clés : restaurant, laloux

Le restaurant n'a guère changé au fil du temps: son décor sombre, toujours le même, aurait bien besoin, tout comme en cuisine, d'une actualisation salutaire.
L'essentiel est sur la table, mais aucun signe de distinction ne s'y impose. L'âme n'y est plus, et cela se remarque.
Du côté du menu, on a simplifié les choses au point d'en oublier les recettes. À notre passage, la daube offerte en table d'hôte semblait avoir disparu du répertoire, tant celui du garçon, qui m'a demandé quelle cuisson je souhaitais, que celui du chef avec sa préparation, qui ressemblait plus à un bouilli trop cuit qu'à une daube, même cuisinée à la moderne.
Ayant été invité, je n'avais pas à me prononcer publiquement à propos du service, de la qualité ou de l'originalité du menu, servi le midi, il est vrai, pour une vingtaine de dollars. Certaines des entrées simples sont présentées avec un supplément, comme pour le pâté en croûte (5 $). Celui qu'on m'a apporté m'a déçu au plus haut point.
Une farce hachée trop finement, de couleur grisâtre et mal assaisonnée reposait dans une pâte détrempée par une sauce moutarde qui n'était pas à sa place.
Quant à elle, la salade de betteraves qu'a commandée Georges a eu besoin de sel et de poivre pour lui donner vie.
La carte du midi propose aux convives différents choix qui vont de la bavette aux échalotes confites au foie de veau en passant par la daube de boeuf.
Qu'elle soit composée de joue de boeuf ou de veau aux olives, voire nature, la daube fait partie de ces plats dont on semble avoir oublié les recettes, tout comme le boeuf bourguignon.
Il s'agit certes de plats de cuisine bourgeoise ou de maison, mais des chefs comme Martin Picard, du Pied de Cochon, pourraient en tirer grand profit et en ressortiraient bénis des dieux.
La daube servie laissait entrevoir de petits morceaux de boeuf filandreux et trop cuits, nageant dans une sauce trop réduite et trop salée qui avait peine à faire ressortir les quelques oignons perles noyés dans le plat.
Une pâle garniture de lamelles de carottes et de pommes de terre n'est pas parvenue à me convaincre du bien-fondé du mets.
Ayant opté pour la lotte, qui figurait aussi comme plat du jour, Georges a eu un peu plus de chance que moi avec ce poisson poché sans que la recette mérite pour autant d'être portée au palmarès du goût et des saveurs du Québec.
Rien de gastronomique et rien à retenir non plus d'un tel repas, qui n'a servi qu'à nous nourrir. Un point positif, cependant: la découverte d'un superbe Côtes du Rhône d'importation privée et servi de la bonne façon.
Que s'est-t-il donc passé dans cette institution qui ressemble plus à une cafétéria qu'au bistro que nous connaissions?
Pour finir, un flan, ou crème caramel, n'est pas parvenu à excuser la banalité du repas et le rendez-vous manqué à cette institution montréalaise.
Prix payé pour deux personnes avec vin et café, taxes
et service non compris: 75 $.
- Plus: un choix de beaux vins d'importation privée.
- Moins: une cuisine banale et sans âme.
Laloux
250, avenue des Pins Est
Montréal
Tél: (514) 287-9127
Collaborateur du Devoir
Vos réactions
le chef a eut son 4 % - par mathieu dansereau (matheusss2@msn.com)
Le lundi 20 novembre 2006 08:00

