Jour après jour!
Mots clés : unesco

Auparavant, si le phénomène du décrochage scolaire semblait devenir une calamité plutôt qu'un épiphénomène, il s'était trouvé alors un ministre pour décréter qu'en classe les éducateurs ne faisaient pas leurs devoirs.
Par la suite, il y a eu urgence d'implanter une réforme: l'école avait été désignée comme étant incapable de former, avec la pédagogie alors en place, les jeunes pour ce nouveau monde contemporain. Les nouvelles technologies, comme la mondialisation ou l'entrepreneurship, avaient transformé, et transformeraient encore plus radicalement, la donne, imposant la nécessité d'une nouvelle formation pour des citoyens devenus complètement autonomes dans un monde régi par les seules lois de la compétition.
Mandat
Toutefois, que les lettres aux lecteurs s'empilent, que les tribunes téléphoniques ne dérougissent pas, que les analystes, tout comme les politiques, se pourfendent en déclarations, pour d'autres, qu'importe. Matin après matin, il est donné à des individus de se présenter devant un groupe, en nombre toujours croissant, pour s'adonner à ce qui s'appelait autrefois «donner un cours» ou «aller en classe».
Ces personnes, si on était dans l'univers de la santé, ce sont celles et ceux de «la première ligne». À eux les urgences, les soins de longue durée et les consultations sur le pouce. On peut bien décréter que l'enseignement se fasse par projet, ou par matière, ils et elles auront toujours à évaluer si les outils, à la lumière des résultats constatés, permettent de dire que l'enfant, qui ne l'est plus quand il se retrouve au niveau collégial, témoigne d'une connaissance réelle, qu'il se développe normalement.
Mission
Ainsi, une jeune enseignante établira, au souvenir des cours reçus pendant ses quatre années de formation universitaire, qu'«heureusement il y avait les stages», ces moments où elle se retrouvait en contact direct non seulement avec des élèves, mais aussi avec ses futures pairs. La qualité d'une formation pédagogique s'évalue à la qualité de l'enseignement donné.
Plus tard, ce jeune professeur s'interrogera sur la masse de la tâche imposée, sur les services de soutien auxquels elle aura accès quand se présente le problème des élèves en difficulté, aussi sur l'appui apporté par les directions d'écoles et de réseaux quand les tracas s'accumulent, tout comme sur la trop «présente présence», ou absence, des parents dans le projet éducatif. Et parallèlement, jour après jour, les étudiants conserveront leur éternelle jeunesse, pendant que les années, elles, défileront.
Dans un tel système, la performance se doit d'être constante. S'il y a doute, il ne peut être exprimé devant la «clientèle» (pour reprendre ce nouveau langage lourd qui a cours dans le milieu éducatif). S'il y a désenchantement, il n'est pas tolérable dans un monde où les jeunes eux-mêmes abordent déjà avec crainte cet avenir qui sera le leur.
S'il y a un espoir à transmettre, c'est dans le fait de croire que les générations futures sauront relever des défis longtemps repoussés: un environnement sain, un monde où la richesse est partagée, le respect de l'autre et la possibilité pour tous de se réaliser pleinement. Ce sont là les paramètres à l'intérieur desquels se façonne une éducation de qualité.
Reconnaissance
À ces travailleurs du quotidien éducatif, savons-nous rendre hommage?
Et combien, demain matin, de professeurs ou de professeures recevront une rose, ou une autre fleur, comme cela se fait dans certains pays, ceux regroupés autrefois sous l'appellation «de l'Est»? N'était-ce point en ces lieux l'habitude en présence de toute journée établie comme journée hommage au corps professoral? Et si les grands et moins grands retrouvaient ici cette tradition qui consistait à déposer une pomme sur le bureau de la «maîtresse»? Alors pourquoi ne pas le faire en ce 5 octobre 2006, déclarée Journée mondiale des enseignants?
Il faut savoir dire, en direct, aux enseignantes et enseignants l'appréciation qu'on a pour la façon dont ils remplissent la mission que la société leur a confiée.
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