Pas de concessions salariales, disent les syndiqués d'Olymel
Mots clés : olymel
Les syndiqués d'Olymel au Québec accueillent avec un brin de méfiance le mandat confié à l'avocat et ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui doit se pencher sur la situation précaire de l'industrie porcine, plus particulièrement celle d'Olymel. En fait, ils craignent surtout qu'on leur demande à nouveau des concessions salariales ou au chapitre des conditions de travail.
Olymel a des syndiqués à la CSN, à la FTQ ainsi qu'à la CSD, ce qui ne fera que compliquer encore davantage le dossier. «C'est sûr qu'on ne refusera pas de le rencontrer», a lancé en entrevue Louis Bolduc, adjoint exécutif au directeur national des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC-FTQ). «Mais si on le rencontre et que ça se résume à dire que, pour être compétitif, on doit purger les conventions collectives et faire des coupures... L'entreprise n'a pas besoin d'un ex-premier ministre pour nous rencontrer.»
M. Bolduc est catégorique: «Il n'y aura pas de concessions dans les conditions de travail ni dans les conditions de salaire. On a fait notre part. Il n'est pas question d'aller rencontrer M. Bouchard avec Olymel pour parler de concessions salariales ou de concessions dans les conditions de travail.»
Selon M. Bolduc, les principaux problèmes de l'industrie du porc ne sont pas les conditions de travail des syndiqués, mais la valeur du dollar canadien, le moratoire sur les porcheries et les problèmes d'approvisionnement. Les TUAC représentent 2200 syndiqués d'Olymel au Québec, 2000 en Alberta et 150 en Ontario.
Plus tôt cette semaine, le président du syndicat de l'usine d'Olymel à Saint-Valérien, Patrick Cournoyer, avait confié sa méfiance au quotidien La Voix de l'Est. «Il y a anguille sous roche», avait-il dit en apprenant la nomination de M. Bouchard. «A-t-il le pouvoir de réinventer quelque chose de neuf?»

