Technologies - Sur Internet, le vol d'identité primaire est plus commun que l'on pense
Mots clés : victimes
Ce type de délit a priori banal peut créer bien des problèmes
Depuis deux ans, on parle beaucoup de vol d'identité économique, c'est-à-dire de ces fraudeurs qui arrivent à subtiliser assez de renseignements personnels sur des gens pour ensuite usurper leur identité et dépenser au nom de leurs victimes.Et les deux plus récentes victimes de ce type de canular, ce sont des auteurs bien connus du monde de l'édition et de la télévision. Nelly Arcan et François Avard sont tous deux victimes de ce type de vol d'identité sur le service MySpace.com.
À première vue pourtant, on pourrait imaginer les trouver là; après tout, sur Internet, la plupart des grandes vedettes sont présentes sous une forme ou une autre dans l'univers MySpace. Que ce soit l'artiste en émergence qui veut se faire un nom, l'agent qui veut plus de visibilité pour son artiste ou la maison de disques qui veut faire du marketing viral sur le Web. Dans les trois cas, ils sont là pour parler d'eux, garder le contact avec le public et annoncer leurs prochains projets.
Mais pour Arcan et Avard, la chose est tout à fait différente puisque ni l'un ni l'autre n'ont choisi d'y être présents et encore moins d'y tenir un journal pour garder un contact avec le cybermonde. Plus embêtant encore, dans le cas de Nelly Arcan, cette dernière a carrément droit à de la diffamation et à une atteinte à son image. L'auteure du roman Putain a eu beau contacter la police et envoyer un courriel au site MySpace pour faire disparaître le faux site, rien à faire le site est toujours là. Même chose pour celui qui présente François Avard.
Malheureusement pour ces deux personnalités, ces deux sites ont beau être des faux, les internautes qui cherchent à joindre ces personnalités par Internet tombent malgré eux dans ce canular et, pire encore pour ces deux personnalités, l'auteur ou les auteurs du canular répondent aux courriers des internautes et ceux-ci ont donc l'impression de recevoir de vraies réponses d'Avard et Arcan.
Imaginez un peu le scénario où un journaliste étranger contacte Arcan ou Avard par ces faux sites pour faire une entrevue par courriel, au bout du compte, le journaliste aura droit à une entrevue donnée par un imposteur, pas par l'auteur.
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Parallèlement à cette fraude où on parle vraiment de vol d'identité, un nouveau jeu en ligne vient de voir le jour à Montréal. Un jeu qui permet aux internautes de faire l'acquisition virtuelle de lieux, de pays et de personnalités. En fait, le jeu Weblo, est un étrange croisement entre le Monopoly et le service d'encan eBay. Weblo permet donc aux joueurs de vivre virtuellement dans un monde parallèle au nôtre où tout est à conquérir, à acheter et à vendre. Une fois enregistré et avec quelques sous, on peut se lancer dans l'acquisition virtuelle de ville, de pays, d'immeubles et même de personnalités publiques en ligne.
Par exemple, bien humblement, je pourrais vous dire que, depuis une semaine, je suis virtuellement le propriétaire de quelques grands hôtels dans le monde dont le George V à Paris, le Saint-Paul et le Ritz-Carlton à Montréal et le MGM Grand à Las Vegas. Côté municipal, j'ai eu un faible pour la ville de Fermont et j'en suis devenu le maire virtuel. J'en profite au passage pour saluer mes concitoyens. Et puis, mon coup le plus fumant, c'était jeudi dernier, alors que j'ai réussi à mettre la main sur Radio-Canada-CBC.
Vous aurez cependant remarqué que je n'ai pas fait l'acquisition d'une personnalité. Pourtant, les politiciens, les chanteurs et les actrices sont tous disponibles pour être adoptés et dirigés dans leur nouvelle vie virtuelle. Et comme vous l'imaginez bien, encore une fois dans ce jeu, ce ne sont pas les principaux intéressés qui vont faire l'acquisition de leur propre identité. Y aura-t-il dérapage, diffamation à l'endroit des personnalités que les joueurs décideront d'acquérir? Seul le temps le dira.
- http://www.weblo.com
bguglielminetti@ledevoir.com
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
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