L'accès à la propriété est en recul partout au Québec

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François Desjardins
Édition du mercredi 20 septembre 2006

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Seuls les appartements en copropriété de Montréal sont moins chers au deuxième trimestre

Le coût de possession d'un bungalow individuel se chiffre désormais à 36,2 % du revenu, comparativement à 34,8 % au premier trimestre. La tendance s'est répercutée dans toutes les catégories de logement au Québec, sauf celle des condos, lourdement influencée par le refroidissement du marché immobilier à Montréal.

Photo: Jacques Nadeau

Si vous avez acheté une maison ou un logement au deuxième trimestre, vous y avez consacré une plus grande partie de votre revenu que ne l'ont fait les acheteurs au début de l'année, a indiqué hier la Banque Royale. Sauf, a-t-elle précisé, si vous vous trouvez dans une copropriété à Montréal.

Le compte rendu de la banque sur le pourcentage du revenu médian qu'un ménage consacre à l'hypothèque, à l'impôt foncier et aux services publics a une fois de plus montré hier une érosion de l'accessibilité à la propriété au Québec. Parmi les coupables: une hausse des prix de 4 à 6 %, une progression des revenus qui se fait plutôt lente et une augmentation des taux hypothécaires.

Ainsi, le coût de possession d'un bungalow individuel se chiffre désormais à 36,2 % du revenu, comparativement à 34,8 % au premier trimestre. La tendance s'est répercutée dans toutes les catégories de logement au Québec, sauf celle des condos, lourdement influencée par le refroidissement du marché immobilier à Montréal.

«Les appartements en propriété [à Montréal] sont la seule catégorie d'habitation dont l'accessibilité s'est enfin un peu améliorée. Malheureusement pour les propriétaires, c'est parce que les prix ont baissé de 6,4 % par rapport au trimestre précédent», a écrit l'économiste en chef adjoint à la Banque Royale, Derek Holt.

Pour l'ensemble du Québec, la part du revenu avant impôt que nécessite l'achat d'une copropriété -- la catégorie qui comprend les condos -- était de 29,1 %, contre 28,7 % au premier trimestre. Pour la région de Montréal, le chiffre était de 29,7 %, comparativement à 30,6 %.

Une copropriété dans le grand Montréal coûte en moyenne 184 000 $, contre 195 000 $ pour une maison en rangée, 218 000 $ pour un bungalow et 284 000 $ pour une maison de deux étages, a noté la Banque Royale en citant les données de Royal LePage.

Le délire de Vancouver

La palme du plus cher revient sans contredit à la maison de deux étages située à Vancouver, qui se vend en moyenne 563 000 $. Pour un ménage moyen, elle avalait rien de moins que 72,8 % du revenu. Une copropriété accaparait 34,2 % du revenu, comparativement à 49,7 % pour une maison en rangée et 68,2 % pour un bungalow.

«Les bungalows et les maisons en rangée battent des records, et les deux autres feront de même d'ici la fin de l'année ou au début 2007», a dit M. Holt lors d'un entretien. Il a toutefois rappelé que les ménages qui achètent les maisons les plus chères ont aussi des revenus beaucoup plus élevés que la moyenne.

Quant au marché albertain, on y observe là aussi une érosion de l'accessibilité, mais la situation demeure abordable. Un bungalow de Calgary, par exemple, représente 34,6 % du revenu médian d'un ménage.

Il se dégage d'ailleurs deux solitudes. Selon M. Holt, sous l'érosion de l'accessibilité à la grandeur du Canada se cache un marché immobilier à deux volets. Alors que l'Ouest ne montre aucun signe de ralentissement, le Québec et l'Ontario ont mis un terme aux augmentations de 10, 15 et 20 % des dernières années, qui faisaient le bonheur des vendeurs et des courtiers mais le malheur des nouveaux acheteurs.

Au sud de la frontière

Par ailleurs, le marché américain a de nouveau montré hier des signes de son essoufflement. Selon Washington, le nombre de mises en chantier en août a reculé de 6 % par rapport à juillet et de 19,8 % par rapport à 2005. Les demandes de permis de bâtir, elles, ont été en baisse de 2,3 % par rapport à juillet et de 21,9 % comparativement à 2005.

La Banque de Montréal a estimé que cela allait retenir l'attention de la Réserve fédérale américaine, qui doit se prononcer sur les taux d'intérêt aujourd'hui. Puisque le ralentissement de l'immobilier se répercutera sur l'économie, la Fed laissera son taux directeur intact, a-t-elle dit.


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