Formation destinée aux entreprises - En affaires plus qu'ailleurs, on n'a jamais fini d'apprendre

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Ulysse Bergeron
Édition du mercredi 20 septembre 2006

Mots clés : travailleurs

Les cégeps ouvrent leurs portes aux travailleurs déjà en poste ou nouvellement arrivés au Québec

Les besoins du marché évoluent à la vitesse grand V et pour suivre l'évolution, les entreprises doivent sans cesse se renouveler. Il en va de même pour les employés qui doivent mettre à jour leurs connaissances afin de s'adapter aux nouvelles réalités. Résultat: les formations continues se multiplient et le taux d'étudiants qui s'y inscrivent ne cesse d'augmenter. Porte ouverte sur un service de formation aux entreprises.

C'est dans le but avoué de répondre aux besoins des entreprises que le Service de formation aux entreprises (SFE) du Cégep du Vieux-Montréal a vu le jour au début des années 1990. Depuis, il n'a cessé de mettre sur pied une gamme de programmes de formation intensifs visant la qualification et le perfectionnement professionnel des adultes.

En fonction de la demande

Ces programmes de niveau collégial sont répartis à l'intérieur de 15 champs d'expertise. Ils touchent aussi bien le secteur de l'assurance que ceux de l'informatique, des soins infirmiers, du génie électrique et mécanique, de la santé et des services sociaux.

La directrice du Service de formation aux entreprises, Martine Blache, note que le SFE se développe au rythme des exigences des entreprises et du marché. Et afin de répondre spécifiquement à ces besoins, le contenu est développé par un comité qui regroupe à la fois des gens issus des entreprises et des spécialistes de contenus.

Il s'agit là d'un mariage de raison qui combine connaissance du milieu de travail et pédagogie, note Mme Blache. «Les enseignants de carrière et les gens de l'industrie font une analyse de situation de travail», c'est-à-dire qu'ils cernent avec exactitude les besoins d'un secteur d'activité. «Ce n'est que par la suite, qu'on élabore une formation.» Évidemment, afin de suivre les changements qui surviennent inévitablement au fil du temps, le contenu de cette dernière peut être mis à jour.

Pour des travailleurs expérimentés

Mais pourquoi élaborer un programme plutôt qu'un autre? Pourquoi privilégier un secteur d'activité? Mme Blache indique que les programmes se font le reflet des réalités vécues au sein d'entreprises. Elle précise que, à l'occasion, l'initiative provient des entreprises elles-mêmes.

D'autres fois, c'est le gouvernement qui suggère la création d'un programme. «Il nous arrive également de développer un programme à partir de nos propres constatations», confie la directrice. En effet, le SFE n'a pas hésité à mettre sur pied le programme d'inspection de bâtiments. «On avait remarqué qu'il y avait une pénurie d'inspecteurs. Alors, on a agi», indique-t-elle.

De toute évidence, les formations s'adressent à des étudiants qui ont déjà quelques années d'expérience sur le marché du travail. «Ce sont des adultes, des gens qui ont quitté les études à temps plein depuis au moins un an», indique-t-elle. En effet, un des critères d'admissibilité est d'avoir interrompu ses études pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Programme de « bienvenue » pour les nouveaux arrivants

Signe des temps, un des volets du Service de formation aux entreprises s'adresse directement à la clientèle immigrante. Au Québec, l'accroissement de la population par migration -- qui est désormais aussi important que l'accroissement naturel -- a poussé le SFE à accoucher de deux programmes qui s'adressent spécifiquement aux nouveaux arrivants.

Le programme Intégration à la profession infirmière au Québec permet aux infirmiers diplômés à l'étranger de compléter leur formation afin de pouvoir réussir l'examen de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) nécessaire à l'exercice de leur profession. Il s'agit également d'une façon de faciliter l'accessibilité au marché du travail québécois.

Professeure dans ce programme et infirmière de profession, Mildred Dorismonde y perçoit une façon toute particulière «d'accompagner les étudiants dans leur intégration à la société québécoise». Outre le facteur de mise à niveau des connaissances, le programme leur permet de saisir «comment ça fonctionne ici. Ils comprennent par exemple qu'ici, contrairement à certains autres pays, l'infirmière prend des initiatives et prend elle-même des décisions. Ils comprennent aussi qu'ici, certaines questions qui portent sur la vie personnelle d'un patient -- sur sa sexualité par exemple -- ne sont pas une indiscrétion».

Récemment, le SFE a mis sur pied le Programme de perfectionnement pour ingénieurs immigrants. Développé en collaboration avec des organismes d'aide à l'intégration des immigrants, il propose une mise à niveau dans le secteur de l'informatique et permet aux étudiants d'adapter leurs connaissances aux exigences des entreprises québécoises dans les domaines du génie civil, électrique et mécanique.

Taux de placement élevé

Et le taux de placement pour l'ensemble de ces formations? Il est «excellent», note la directrice. Près de 95 % des étudiants en technique d'éducation à l'enfance trouvent un emploi; 96 % de ceux qui suivent le programme d'assurance de dommages travaillent par la suite dans le secteur; et il y a un taux de placement «d'environ 85 %» pour les étudiants en inspection de bâtiments.

Quant au Programme de soins infirmiers, on ne peut connaître avec précision le taux de placement. Avant d'exercer leur profession, les étudiants doivent passer avec succès l'examen de l'OIIQ. «Mais il y a 80 % des étudiants inscrits au programme qui le terminent», constate néanmoins Mme Blache.

Notons que ces statistiques ressemblent sensiblement à celles d'une enquête effectuée par la Fédération des cégeps du Québec en 2002-2003. Cette dernière indiquait que le taux de placement des diplômés inscrits à une attestation d'études collégiales (AEC) s'élevait à 85,4 %.

On dénombre désormais 524 programmes de formation continue dans l'ensemble du réseau collégial québécois.

Collaborateur du Devoir


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