La sécurité absolue est impossible dans les cégeps

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Marie-Andrée Chouinard
Édition du jeudi 14 septembre 2006

Mots clés : kirpan

Sécuriser entièrement un lieu public comme un cégep et le mettre à l'abri de tragédies semblables à celle qu'a subie hier le Collège Dawson relève de la mission impossible. Voilà ce qu'a communiqué hier la Fédération des cégeps, renvoyant notamment au récent jugement de la Cour suprême sur le kirpan et à ses recommandations de mesures de sécurité dites raisonnables.

Sonné comme un peu tout le monde par l'ampleur du drame, le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, a indiqué hier que malgré le fait que tous les cégeps de la province soient tenus d'avoir des plans de mesures d'urgence, le caractère «imposant» et public d'un cégep comme Dawson rendait «proprement impossible» l'assurance d'une sécurité totale.

«On parle ici du plus imposant collège au Québec», a exposé M. Boucher, dont la fédération se réfère aussi au jugement de la Cour suprême sur le port du kirpan dans une école primaire de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys pour expliquer le fait que les collèges sont tenus à des mesures de sécurité «raisonnables et non pas extrêmes».

«Les collèges sont des lieux publics, ouverts, et c'est ce qui rend difficile l'imposition d'un dispositif extrême», a affirmé M. Boucher, qui, en 20 ans de séjour à la fédération, n'a pas souvenir d'un événement d'une telle violence sous le toit d'un collège.

Le Collège Dawson, avec ses 7500 étudiants et ses 760 membres du personnel, abrite non seulement l'effectif scolaire le plus important mais aussi une des communautés multiethniques les plus diversifiées à Montréal. «C'est un collège réputé pour sa capacité à vivre en harmonie avec tous les groupes qu'il compte», a indiqué M. Boucher, qui, en fin d'après-midi, n'avait pas réussi à entrer en communication avec la direction du cégep en question.

«Évidemment, après avoir vécu Polytechnique, on était plusieurs au Québec à penser que ce type d'événement ne pouvait jamais plus se produire», a indiqué M. Boucher. «Malheureusement, il semblerait qu'on ne peut jamais dire "jamais".»

D'autres organisations scolaires ont eu à composer par ricochet avec les conséquences de la fusillade, telles les écoles primaires Saint-Léon-de-Westmount et l'École internationale, toutes deux avoisinant le périmètre de sécurité délimité par les policiers autour du collège. La Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui chapeaute ces deux écoles, a décidé en cours d'après-midi de contacter l'ensemble des parents des centaines d'élèves, ne laissant partir les enfants qu'après avoir eu la consigne des parents.

«Nous avons appelé les parents pour qu'ils viennent chercher les élèves ou qu'ils nous donnent les autorisations pour les laisser partir», a indiqué le porte-parole de la CSDM, Sylvain Arsenault. En fin d'après-midi, 200 des 600 enfants de l'École internationale étaient toujours en classe, avec les enseignants qui avaient pour consigne de demeurer avec eux tant et aussi longtemps qu'on n'avait pas joint leurs parents.

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), Jean-Marc Fournier, a quitté Québec en milieu d'après-midi pour se diriger vers Montréal, où on devait décider en soirée d'un possible point de presse entourant ces tragiques événements.


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