Abbas et Haniyeh formeront un gouvernement d'union

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AFP , Reuters
Édition du mardi 12 septembre 2006

Mots clés : abbas, haniyeh, hamas

L'accord reconnaît implicitement l'existence d'Israël

Ismaïl Haniyeh (à gauche) et Mahmoud Abbas hier à Gaza.

Photo: Agence Reuters

Gaza -- Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé hier qu'il s'était mis d'accord avec le premier ministre Ismaïl Haniyeh, dirigeant du Hamas, sur la constitution d'un gouvernement d'union nationale qui pourrait voir le jour dès cette semaine.

Les Palestiniens espèrent qu'un tel cabinet mettra fin à la crise politico-financière sans précédent qui sévit dans leurs territoires depuis l'entrée en fonction du gouvernement Hamas fin mars et permettra une reprise des aides suspendues par les donateurs internationaux.

Le président de l'Autorité palestinienne doit dissoudre le gouvernement sous 48 heures et charger M. Haniyeh, 43 ans, de former un cabinet d'union nationale au sein duquel cohabiteront le Hamas et le Fatah, le parti de M. Abbas. Selon la Loi fondamentale palestinienne, le premier ministre désigné a cinq semaines pour présenter son équipe.

«Nous annonçons à notre peuple cette bonne nouvelle: nous avons achevé la définition du programme politique du gouvernement d'union nationale, basé sur le "document d'entente nationale"», signé le 27 juin par les différents groupes palestiniens, a indiqué M. Abbas à l'issue d'une rencontre à Gaza, la deuxième depuis dimanche soir, avec M. Haniyeh.

«Dans les tout prochains jours, nous allons commencer à former ce nouveau gouvernement et nous appelons notre peuple à soutenir nos efforts», a ajouté le président de l'Autorité palestinienne, un cadre du Fatah.

M. Haniyeh a confirmé être parvenu à un compromis avec M. Abbas après plusieurs semaines de tractations. «Cet accord était attendu, car il y avait une volonté réelle et honnête d'y parvenir dans l'intérêt supérieur du peuple palestinien et pour renforcer l'unité nationale et protéger les droits» palestiniens, a-t-il dit.

Le «document d'entente nationale» prévoit notamment de concentrer les attaques anti-israéliennes dans les territoires occupés depuis 1967 et la création d'un État sur ces terres, ce qui constitue une reconnaissance implicite du droit d'Israël à l'existence, de la part de tous les signataires du document, dont le Hamas. Le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a toutefois affirmé hier que l'acceptation de ce document par son mouvement ne constituait pas une reconnaissance d'Israël.

M. Abbas a appelé dans la foulée les fonctionnaires à mettre fin à leur grève observée depuis neuf jours pour réclamer les salaires impayés.

Selon Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence de l'Autorité palestinienne, M. Abbas «publiera un décret présidentiel sous 48 heures pour dissoudre le gouvernement actuel et nommer un nouveau premier ministre».

Un haut responsable de l'Autorité palestinienne a indiqué que M. Haniyeh, qui dirige le premier gouvernement Hamas depuis mars, serait reconduit dans ses fonctions. «Le premier ministre actuel Ismaïl Haniyeh sera chargé par le président Abbas de former le gouvernement d'union nationale», a affirmé ce responsable sous couvert de l'anonymat.

Peu avant l'annonce de l'accord sur le programme, le porte-parole du gouvernement avait affirmé que le Hamas entendait conserver le poste de premier ministre et que le futur cabinet comprendrait des «indépendants, des membres du secteur privé et des professionnels», sans plus d'explications.

Selon un sondage publié hier, une majorité écrasante de Palestiniens est favorable à un gouvernement d'union nationale. Pas moins de 85 % des personnes interrogées se sont dites favorables à un gouvernement d'union, 12,5 % opposées et le reste sans opinion.

63 % estiment qu'un tel gouvernement sera en mesure de mettre fin à la crise. L'enquête a été réalisée par l'Opinion Polls and Survey Studies Center de l'université Al-Najah en Cisjordanie.

Les États-Unis, l'Europe, la Russie et l'ONU demandent au Hamas de reconnaître le droit d'Israël à l'existence ainsi que les accords passés et de renoncer

à la violence, pour reprendre leur coopération avec le cabinet palestinien.


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