Un milliard pour le Liban
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Une cinquantaine de pays et une dizaine d'organisations internationales se cotisent pour reconstruire le pays

Photo: Agence France-Presse
Cette enveloppe a évidemment été bien reçue par le premier ministre libanais, Fouad Siniora. «Nous avons découvert aujourd'hui que le Liban n'est pas seul», a-t-il déclaré à la clôture de la réunion d'un jour. «C'est du très bon travail» qui a été réalisé, a-t-il estimé, ajoutant cependant que «nous avons encore beaucoup à accomplir».
Plus tôt, M. Siniora a insisté sur la transparence de l'utilisation des dons par son gouvernement et a catégoriquement rejeté les allégations selon lesquelles l'argent de la communauté internationale pour la reconstruction du Liban pourrait alimenter le Hezbollah. «Cette idée selon laquelle [l'aide] va être détournée d'une façon ou d'une autre pour aller au Hezbollah est totalement fausse [...]. L'aide va être acheminée par des agences gouvernementales et ira directement aux personnes dans le besoin. Il n'y aura aucun intermédiaire», a-t-il déclaré. «Nous serons à la hauteur de ce défi», a assuré M. Siniora.
Les organisateurs suédois de la conférence n'ont pas donné de détails sur les promesses de dons faites à Stockholm, se contentant d'indiquer que les États-Unis, les pays du Golfe et l'Union européenne font partie des plus gros donateurs.
Chose certaine, l'objectif annoncé officiellement par ses organisateurs d'engranger 500 millions de dollars a été largement dépassé. C'est la Suède qui a décidé de tenir cette première conférence de donateurs, et ce, dès la cessation des hostilités, le 14 août dernier, après 34 jours de combats, conjointement avec le Liban et l'ONU. Les responsables suédois et libanais ont d'ailleurs indiqué qu'une nouvelle réunion de pays donateurs, axée sur la reconstruction à long terme, devrait avoir lieu ultérieurement, sans donner de date ou de lieu.
Un blocus coûteux
Présent à Stockholm, Marc Malloch Brown, représentant du secrétaire général de l'ONU, et Catherine Colonna se sont faits les messager de M. Annan et ont réitéré son appel à la levée du blocus libanais instauré par Israël. «Le maintien du blocus aérien et maritime au Liban constitue une sérieuse entrave au processus de reconstruction immédiate», a également jugé Jan Eliasson, indiquant que la conférence appelait à «l'ouverture des ports et aéroports libanais à des fins civiles».
Kofi Annan a formulé le même voeu hier en Jordanie, ajoutant qu'il est impératif que les forces israéliennes se retirent totalement du Liban dès que les effectifs de la Force intérimaire des Nations unies (FINUL) atteindront 5000 hommes. «J'attends -- et je l'ai clairement fait savoir aux autorités israéliennes -- que lorsque les effectifs de la force internationale auront atteint 5000 membres et seront déployés dans le sud aux côtés de l'armée libanaise, il sera temps pour elles de se retirer, et ce, complètement», a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien avec le roi Abdallah de Jordanie.
M. Annan a par la suite rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moualem, et sera reçu aujourd'hui par le président Bachar al-Assad. «La nécessité de la préservation du cessez-le-feu et du retrait des forces israéliennes du sud du Liban a été soulignée lors de la rencontre [...], ainsi que le besoin pour les Nations unies d'oeuvrer à une paix juste et globale au Proche-Orient», a indiqué l'agence de presse officielle syrienne.
Le secrétaire général de l'ONU a surtout demandé à la Syrie de coopérer à l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. La Syrie, considérée comme un soutien du Hezbollah, rejette fermement les appels israéliens en faveur d'un déploiement de la FINUL le long de la frontière libano-syrienne pour lutter contre le trafic d'armes en faveur du mouvement chiite.
Les Casques bleus ne peuvent se déployer le long de cette frontière qu'à la demande de Beyrouth, qui n'en a pas manifesté l'intention. L'armée libanaise y a dépêché 8500 hommes. Dans un entretien radiodiffusé, le secrétaire général a dit espérer le déploiement de la version renforcée de la FINUL «d'ici une semaine à dix jours». Un premier contingent de 800 soldats italiens doit atteindre le Liban au cours du week-end. Un bataillon de 900 militaires français devrait en outre être pleinement déployé à compter du 15 septembre, a annoncé la France hier.
Malgré les souhaits exprimés par le secrétaire général de l'ONU, le premier ministre israélien Éhoud Olmert a rejeté ses appels en faveur d'une levée immédiate du blocus du Liban et d'un retrait rapide des forces israéliennes. Israël présente ce blocus comme un moyen d'arrêter l'approvisionnement en armes du Hezbollah. Tsahal a cependant fait savoir hier qu'elle avait déjà quitté plus de deux tiers des territoires libanais occupés depuis la guerre.
Pendant que la joute diplomatique se poursuit, l'État hébreu est montré du doigt par l'organisme humanitaire Amnesty International, qui l'accuse d'avoir utilisé des bombes à fragmentation pendant sa campagne estivale meurtrière au Liban. Le groupe a donc appelé hier Israël à accepter une enquête sur l'emploi de ces armes et à dévoiler les endroits où elles ont été larguées pour éviter davantage de victimes.
La semaine dernière, un responsable de l'Organisation des Nations unies avait lui aussi souligné que l'armée israélienne avait largué des bombes à fragmentation sur au moins 170 villages et sites du Liban-Sud pendant son offensive de 34 jours contre le Hezbollah. Tekimiti Gilbert, chef des opérations du Centre de coordination de l'action contre les mines de l'ONU au Liban, a ajouté qu'il s'agissait d'une violation du droit international, car de telles armes ne doivent pas être utilisées dans les zones habitées par les civils mais uniquement sur les champs de bataille et contre des soldats. Ces très graves accusations ont été niées en bloc par Israël. Selon les Nations unies, 90 % de ces bombes ont été larguées sur le Liban dans les dernières 72 heures du conflit, lorsque la fin des hostilités était en vue. Les équipes spécialisées de l'ONU ont dénombré 359 endroits où des bombes à fragmentation ont été utilisées, ce qui représente quelque 100 000 obus n'ayant pas explosé.
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Avec l'Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

