Taux d'intérêt - Un mois de répit pour la zone euro

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AFP
Édition du mercredi 30 août 2006

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Francfort, Allemagne -- La zone euro dispose encore d'un mois de répit avant de voir les conditions du crédit se durcir de nouveau, estiment des analystes alors que la Banque centrale européenne (BCE) réunit demain son conseil des gouverneurs de rentrée.

Sur les 30 économistes sondés par l'AFP et l'agence de presse financière AFX News, 29 parient sur un statu quo.

«La politique monétaire reste accommodante, et donc il faut s'attendre à de nouveaux relèvements de taux», estime Elena Nieto, de BBVA, reprenant l'argumentaire de la BCE.

Mais ils ne pensent pas que l'institut passera à l'acte dès cette semaine. Il n'a jamais relevé ses taux lors de deux réunions consécutives et le dernier resserrement remonte à début août seulement. Ils misent sur la réunion de début octobre, qui se tiendra à Paris, pour une prochaine hausse d'un quart de point qui fera monter le principal taux à 3,25 %.

«Étant donné les statistiques bien meilleures que prévu publiées récemment, un geste pourrait tout à fait être justifié jeudi. Nous ne pouvons pas le rejeter en bloc», prévient toutefois Christoph Balz, analyste à la Commerzbank.

Chiffre clé, le Produit intérieur brut (PIB) du deuxième trimestre a augmenté de 0,9 % comparé au trimestre précédent en zone euro, probablement davantage que prévu par la Banque centrale, estime-t-il. Elle pourrait annoncer demain un relèvement de sa prévision de croissance pour cette année, actuellement à 2,1 %, qui paraît trop prudente à l'aune des derniers chiffres, ajoute-t-il.

Le principal taux directeur a grimpé d'un nouveau quart de point début août à 3 %, son plus haut niveau depuis plus de trois ans et demi. Il s'agissait du quatrième tour de vis monétaire depuis décembre, et, à en croire les propos du président Jean-Claude Trichet, pas le dernier.

Le Français a promis de nouvelles hausses de taux si la reprise se confirmait et l'inflation, nourrie par la grimpée des prix du pétrole, continuait à dépasser les limites autorisées.

Sur ce front, une légère détente se dessine toutefois. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % en juillet dans la zone euro. Ils ont certes dépassé de nouveau l'objectif moyen terme d'une inflation légèrement en dessous de 2 % fixé par la BCE, mais la hausse a ralenti comparé à juin (2,5 %).

La masse monétaire M3, indicateur avancé d'inflation, a par ailleurs crû moins vite que prévu en juillet -- +7,8 % contre +8,5 % sur un an --, selon des chiffres publiés lundi par la BCE. Le taux de crédit au secteur privé a légèrement accéléré (+11,1 %), mais dans le détail, les prêts immobiliers, suivis à la loupe par la BCE, ont marqué le pas.

La hausse d'un quart de point des taux en octobre fait la quasi-unanimité auprès des économistes. Pour la suite, la plupart s'attendent à un nouveau resserrement en décembre, qui porterait le taux à 3,50 %, puis estiment que ce sera tout avant longtemps.

Certains analystes, de même que le marché monétaire, pensent que la hausse de décembre pourrait ne pas avoir lieu. «Comme l'inflation va probablement décélérer dans les mois à venir, en raison d'effets de base favorables sur les prix de l'énergie, il deviendra de plus en plus difficile pour la BCE d'augmenter les taux deux fois lors du dernier trimestre», argumente Sylvain Broyer, analyste chez Ixis.

De plus, certaines statistiques ont jeté un doute sur le caractère durable de la reprise économique. Le baromètre ZEW, qui mesure les attentes des experts financiers pour l'économie allemande, a chuté contre toute attente en août, présageant un net refroidissement l'an prochain de la conjoncture dans la première économie de la zone euro, qui représente plus de 30 % du PIB de la zone euro.


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