Saddam Hussein hospitalisé
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Le président déchu a été jugé trop affaibli par sa grève de la faim
Bagdad -- Affaibli par sa grève de la faim entamée le 8 juillet, le président irakien déchu Saddam Hussein a été hospitalisé hier et sera absent aujourd'hui à la reprise à Bagdad de son procès devant le Haut-Tribunal pénal irakien pour le massacre de chiites dans les années 1980.De son côté, le porte-parole du tribunal, Raëd al-Jouhi, également chef des juges d'instruction, a confirmé l'hospitalisation. «Son état est stable et il a été admis dans un hôpital pour des soins médicaux», a-t-il affirmé, précisant: «Sa santé ne s'est pas détériorée et il sera dans le box des accusés au moment où le tribunal décidera de l'entendre.»
Le président déchu et deux coaccusés, son demi-frère Barzan al-Tikriti et le vice-président Taha Yassine Ramadan, sont en grève de la faim pour protester contre l'assassinat le 21 juin d'un avocat de la défense, Khamis al-Obeidi. Cet avocat a été enlevé avant d'être retrouvé assassiné à Bagdad. Il est le troisième à subir ce sort depuis le début du procès le 19 octobre 2005.
«Demain, le tribunal va entendre les plaidoiries des avocats de Taha Yassine Ramadan et d'Awad al-Bandar», l'ancien président du Tribunal révolutionnaire qui avait condamné à mort les 148 villageois chiites après une attaque contre le convoi de Saddam Hussein en 1982, à Doujaïl, au nord de Bagdad, a indiqué M. Moussaoui. Le procureur avait requis la peine de mort contre Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti et Taha Yassine Ramadan, le 19 juin.
«Si leurs avocats ne se présentent pas, des avocats seront commis d'office», a-t-il ajouté, alors que le principal avocat de Saddam Hussein, Khalil al-Doulaïmi a annoncé depuis Amman le boycottage de l'audience d'aujourd'hui.
Ce dernier a exigé, pour revenir sur cette décision, la satisfaction des demandes des avocats, notamment une meilleure protection et la possibilité de pouvoir disposer de tout le temps qu'ils estiment nécessaire pour défendre leurs clients.
Vendredi, le comité de défense, dont fait partie Me Doulaïmi, avait mis en garde le tribunal à propos de la détérioration de l'état de santé de Saddam Hussein et en avait fait porter la responsabilité «aux forces américaines d'occupation».
Il a appelé les «organisations arabes et internationales concernées par les prisonniers de guerre [...] à intervenir immédiatement et à faire pression pour que les demandes justes du comité de défense soient respectées, notamment un procès équitable et une enquête sur l'assassinat du martyr [l'avocat] Khamis al-Obeidi et ses collègues».
L'ancien président, son demi-frère et son ancien vice-président, détenus avec les autres coaccusés sous garde américaine, ont boycotté les deux dernières audiences consacrées aux plaidoiries de la défense de quatre co-accusés de second plan.
En ajournant le procès le 11 juillet, le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane avait lancé une mise en garde aux avocats. «Dites à vos collègues qui sont hors du pays que s'ils ne se présentent pas la prochaine fois, ils vont nuire à leur clients. Le procès se poursuivra avec ou sans eux, avec des avocats commis d'office s'il le faut», avait-il averti.

