Lutte contre le terrorisme - Harkat craint pour sa vie si le Canada l'expulse vers l'Algérie

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Édition du mardi 11 juillet 2006

Mots clés : scrs

Mohamed Harkat, accompagné de son épouse, Sophie Harkat, a rencontré la presse hier.

Photo: Agence Reuters

Ottawa -- Mohamed Harkat, un homme soupçonné d'avoir des liens avec le terrorisme, est soulagé d'avoir été libéré sous condition, mais il craint d'être déporté dans son pays d'origine -- l'Algérie -- ou dans n'importe quel autre pays.

M. Harkat soutient qu'il sera «tué ou torturé» si on le renvoie dans son pays natal. «M'envoyer là-bas, c'est comme faire un gros cadeau à l'Algérie», a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse qui s'est déroulée dans le bureau de son avocat, hier.

Clamant son innocence, il laisse entendre que les autorités devraient porter des accusations criminelles si elles détiennent des preuves contre lui.

Âgé de 37 ans, M. Harkat est l'un des cinq musulmans menacés de déportation en vertu d'un controversé certificat national de sécurité. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) l'accuse d'être un extrémiste et d'avoir des liens avec le réseau terroriste al-Qaïda.

La Cour suprême du Canada doit se prononcer sur la constitutionnalité du régime des certificats de sécurité plus tard cette année.

M. Harkat nie être impliqué dans le terrorisme. «Je n'ai jamais été un membre d'al-Qaïda», a-t-il affirmé hier devant une forêt de microphones et de caméras.

Selon le SCRS, Abou Zubaydah -- l'un des lieutenants d'Oussama ben Laden, le chef d'al-Qaïda -- a identifié M. Harkat comme étant l'exploitant d'un petit hôtel privé à Peshawar, au Pakistan, pour les extrémistes se rendant en Tchétchénie. M. Harkat a déclaré hier qu'il ne faisait que du travail humanitaire et n'a aucun lien avec Zubaydah.

Ni M. Harkat ni son avocat n'ont vu les preuves du gouvernement fédéral le concernant. M. Harkat assure ne pas savoir ce que les autorités lui reprochent.

Selon son avocat, Matt Webber, les accusations contre M. Harkat mettent en danger la vie de son client.

Lorsque les journalistes lui ont demandé s'il accepterait d'être déporté dans un pays plus sûr, M. Harkat a clairement indiqué qu'il souhaitait que personne ne soulève cette possibilité. «J'espère rester, vous savez?»

Mohamed Harkat a obtenu le statut de réfugié en 1997 et a fait une demande de résidence permanente au Canada le mois suivant. Il doit se plier à de strictes conditions dans le cadre de sa libération sous caution.


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