Le Québec a les moyens de devenir souverain - Charest accuse Boisclair de déformer ses propos
Mots clés : charest, tv5, boisclair
«Les conséquences de la rupture avec le Canada seraient très coûteuses», dit le premier ministre

Photo: Jacques Nadeau
M. Charest en point de presse à Linz, en Haute-Autriche, où il participera à compter de mardi et jusqu'à mercredi à la 3e Conférence des chefs de gouvernement des régions-partenaires.
Bien malgré lui, le premier ministre a apporté de l'eau au moulin de l'option souverainiste vendredi dernier en affirmant, lors d'un entretien à la chaîne de télévision TV5 à Paris, que le Québec avait «les moyens» de devenir un pays indépendant.
Il n'en fallait pas davantage pour que le chef du Parti québécois (PQ), André Boisclair, récupère la citation à son profit, et que l'expression «On a les moyens» devienne le nouveau slogan des militants souverainistes.
Or, selon M. Charest, le chef péquiste a utilisé ces propos hors de leur contexte afin de tenter de combler «le vide d'arguments du Parti québécois».
«À défaut d'avoir un contenu, cela lui fait quelque chose à dire», a dit le premier ministre, irrité à un point tel qu'il n'a eu aucun bon mot pour M. Boisclair, devenu officiellement dimanche candidat du PQ dans la circonscription montréalaise de Pointe-aux-Trembles.
Pour le chef libéral, il ne fait aucun doute que le Québec, à titre de société de droit, est parfaitement en mesure d'accéder à l'indépendance. Toutefois, les conséquences de la rupture avec le Canada seraient très coûteuses, a-t-il insisté.
«Je ne vois pas de gain, au contraire, je n'y vois que des pertes aux plans économique et social», a insisté M. Charest.
En outre, un Québec indépendant serait exclu de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et ne pourrait plus bénéficier des transferts fédéraux, a soulevé le premier ministre.
Par conséquent, les Québécois, citoyens d'un nouveau pays indépendant, verraient leur niveau de vie décroître, conclut-il.
«Maintenant, si le Parti québécois pense que c'est le contraire, qu'il en fasse la démonstration, ce qu'il n'a jamais été capable de faire», a lancé M. Charest.
Après son escale mouvementée à Paris, le premier ministre du Québec est arrivé à Linz dimanche soir où il a été accueilli par le ministre-président de la Haute-Autriche, Josef PJuhringer, hôte de la Conférence des régions-partenaires.
Ce forum, dont la première rencontre remonte à 2001, regroupe, hormis le Québec, les chefs de gouvernement de la Haute-Autriche, de la Bavière (Allemagne), du Cap occidental (Afrique du Sud), de l'État de Sao Paulo (Brésil), de la province chinoise du Shandong et de la Californie (qui n'est toutefois pas présente à Linz).
Les thèmes retenus cette année à Linz sont l'énergie et la jeunesse.
Pour le Québec, la conférence est principalement l'occasion d'accroître sa présence dans les pays germanophones, l'une des régions, avec le Brésil, que privilégie la nouvelle politique internationale déposée récemment par la vice-première ministre Monique Gagnon-Tremblay, présente aux côtés du premier ministre en Autriche.
Pour bien marquer l'intérêt que son gouvernement porte aux relations économiques avec l'Autriche, le premier ministre Charest a amorcé son séjour dans la région par une visite à l'usine Rotax de Bombardier Produits récréatifs (BRP) à Gunskirchen, en banlieue de Linz, en compagnie de M. PJuhringer.
L'usine acquise en 1970 par Bombardier fabrique des moteurs de véhicules tout terrain (VTT), de motoneiges, de motomarines, de bateaux sport, de motos et d'avions légers. L'établissement emploie plus de 1000 personnes.

