L'économie américaine a créé 121 000 emplois en juin

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AFP
Édition du samedi 08 et du dimanche 09 juillet 2006

Mots clés : emplois

Washington -- L'économie américaine a créé 121 000 emplois en juin, beaucoup moins que prévu, ce qui illustre le ralentissement de la croissance dans un contexte de gonflement de l'inflation.

Ce chiffre a déçu les analystes qui tablaient sur 175 000 nouveaux postes. Mais le taux de chômage est resté à 4,6 % de la population active, un niveau conforme à leurs attentes.

«Des créations d'emplois décevantes en avril, mai et juin indiquent que l'économie est en train de ralentir», selon Peter Morici, professeur d'économie à l'université du Maryland. Au deuxième trimestre, les entreprises ont créé 108 000 emplois par mois en moyenne, contre 169 000 au cours des 12 mois précédents. C'est moins que les 150 000 embauches nécessaires pour absorber la hausse de la population active.

«L'affaiblissement de l'immobilier et la hausse des prix de l'essence ont freiné les ventes de voitures et le commerce de détail, et cela se répercute sur l'investissement des entreprises, la construction et les embauches», selon M. Morici.

Le tertiaire est le secteur qui a le plus créé d'emplois en juin, surtout dans le service public (+31 000), mais le commerce de détail a licencié pour le troisième mois consécutif (-7000). L'industrie a créé 15 000 emplois alors que la construction en supprimait 7000, là aussi un signe du refroidissement de l'immobilier.

Par ailleurs, les analystes se montraient préoccupés de la hausse des salaires, qui a atteint 0,5 % en juin et 3,9 % sur un an. «C'est le pire que l'on puisse avoir: des créations d'emplois faibles et une accélération des salaires», a noté Nigel Gault de Global Insight.

La hausse des rémunérations constitue une nouvelle menace pour l'inflation, alors que la flambée des prix du pétrole et des matières premières risque déjà de se répercuter sur les prix à la consommation. Et cela accentue le dilemme de la Réserve fédérale. Lutter contre l'inflation appelle de nouvelles hausses de taux, mais cela risque d'étouffer la croissance au moment où elle commence à ralentir.


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