Reconversion humanitaire - Bill Gates et Warren Buffett espèrent susciter des vocations
Mots clés : philanthropes

Photo: Agence Reuters
Il a aussi remis un pli à quatre autres fondations, dont trois gérées par ses enfants, qu'il a embrassés. Celles-là «étaient faciles à signer, j'ai juste signé "papa"!», a-t-il plaisanté.
«C'est un grand jour pour moi, a dit le milliardaire. J'ai été très chanceux... J'ai toujours estimé que cela devait revenir un jour à la société, et ma famille est d'accord avec moi», a-t-il déclaré, se disant inspiré par les capitaines d'industrie chantres de la philanthropie comme John Rockefeller.
Investisseur à la tête d'une holding diversifiée, Buffett, 75 ans, surnommé «l'oracle d'Omaha», du nom de sa ville d'origine, avait toujours dit que ses enfants devaient hériter de suffisamment de moyens mais pas de trop non plus, afin de pouvoir se réaliser.
Hier, il a expliqué suivre depuis des années l'action humanitaire des Gates dans le domaine de la santé et de l'éducation, louant leur passion et leur engagement «pour le bien du plus grand nombre». «Alors, quand le moment [de donner] est venu, c'était évident.»
«Alors, comment vous sentez-vous ce matin!?», lui a demandé d'un ton badin Bill Gates, qui lui-même vient d'annoncer son retrait progressif des affaires pour se consacrer à ses activités caritatives.
«Je ne pourrais être plus content!», a répondu M. Buffett, alors que le trio s'installait sur des tabourets, devant un parterre de représentants d'ONG, de fondations, d'étudiants, de décideurs.
«Dans les affaires, vous cherchez la facilité: vous faites quelque chose de simple, et vous gagnez de l'argent... Dans la philanthropie, vous abordez vraiment les problèmes, et la recherche de talent est importante, plus que dans des secteurs comme l'investissement.»
Un rêve
Bill Gates, dont la fondation devrait recevoir l'essentiel des fonds, soit quelque 31 milliards de dollars, transférés progressivement, a qualifié le don de «grande responsabilité». De très loin à la tête de la première fondation au monde -- qui double ainsi ses fonds -- le couple a fait part de son rêve: trouver un vaccin contre le sida.
«Que cela nous prenne 15, 20 ou 25 ans, c'est cela qui cassera la maladie», a dit Melinda Gates, tandis que son mari évoquait l'éradication du «top 20 des maladies» et le rôle de l'éducation dans le monde, aux États-Unis en premier lieu.
Les deux hommes d'affaires ont aussi évoqué la valeur d'exemple de leur action. «Espérons que nous pourrons mettre en valeur des succès, et aussi être honnêtes face aux échecs, et faire susciter l'intérêt pour les actions caritatives», a dit Bill Gates.
«L'exemple est quelque chose d'important dans la société», a ajouté Warren Buffett.

