Camus, sous le soleil
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«Sentir ses liens avec une terre, son amour pour quelques hommes, savoir qu'il est toujours un lieu où le coeur trouvera son accord, voici déjà beaucoup de certitudes pour une seule vie». Albert Camus écrivait ces mots, en 1958, au moment où son pays commençait à prendre feu, à voir couler son sang. «S'il est vrai que toute vérité porte en elle son amertume, il est aussi vrai que toute négation contient une floraison de oui». À Tipasa, au printemps de cette année-là, l'écrivain célèbre le soleil, l'odeur des absinthes, «la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres». Le texte a pour titre Noces à Tipasa et il s'agit bien d'épousailles, d'une alliance renouvelée avec le pays dont l'écrivain s'était exilé, quelque dix-huit ans plus tôt, et qu'il n'a pas oublié. Si Paris est l'exil, Tipasa est le royaume. «Je comprends ici ce qu'on appelle gloire: le droit d'aimer sans mesure».
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