Les leaders syndicaux ripostent aux congédiements au Journal de Montréal
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Le conflit de travail au Journal de Montréal a pris une tournure telle, hier, qu'il est difficile d'imaginer un règlement à court terme.
Le directeur des communications du syndicat des Teamsters au Canada, Stéphane Lacroix, a convenu hier dans un entretien téléphonique que les processus de griefs et de plaintes étaient longs. «On ne compte pas là-dessus pour régler la convention collective, et même le processus d'arbitrage peut être long et pénible aussi. L'arbitre et les parties vont fixer leur échéancier le 4 juillet et ça peut être très, très long», a-t-il commenté.
Les 44 employés congédiés, qui font partie d'un groupe de 113 syndiqués, y compris des mécaniciens et des manutentionnaires, vont être représentés par Me Michel Morissette, qui fera valoir que le congédiement est lié à des activités syndicales.
«Tant et aussi longtemps qu'il n'y a pas eu d'accusations formelles à l'égard des gens qui auraient fait du saccage, on va s'assurer que nos gens soient défendus», a avancé le porte-parole syndical.
Du côté de Quebecor, le congédiement s'est fait en raison des actes de sabotage aux presses survenus le dimanche 4 juin, soit dans les heures qui ont suivi le débrayage. Les dommages aux installations auraient pu entraîner des blessures graves, voire la mort, pour d'autres employés du quotidien qui ont pris la relève, fait valoir la direction de l'entreprise.
Le bras de fer entre Quebecor et ses équipes des presses tient au fait que, dans la nouvelle usine de Mirabel, les nouvelles presses nécessiteront moins de travailleurs. Plutôt qu'une équipe de dix, comme c'est le cas à l'heure actuelle, le syndicat estime que six travailleurs suffiront. La direction estime que deux suffiront.
Au sujet des salaires des pressiers, le porte-parole syndical avance que le salaire de base annuel va de 75 000 $ à 80 000 $ pour 35 heures de travail par semaine. Avec le nombre important d'heures supplémentaires, certains gagnent jusqu'à 115 000 $.
La porte-parole de Quebecor, Isabelle Dessureault, a tenu à faire remarquer que l'employeur n'était pas tenu, dans le cas d'une faute lourde (comme le sabotage), de respecter la progression des sanctions et qu'il était donc tout à fait justifié de recourir au congédiement.
D'ici à ce que survienne un règlement de ce litige, une trentaine de cadres du Journal de Montréal «veilleront au grain et imprimeront le journal», a indiqué Mme Dessureault, qui a également reconnu que, depuis la rupture des négociations, le 31 mai, il est devenu clair que ces cadres ne pourront profiter de congés cet été.
Le dernier conflit du groupe des pressiers, manutentionnaires et mécaniciens du Journal de Montréal remonte à 1993, alors qu'un lock-out avait été décrété. L'arrêt de travail avait duré 20 semaines.
«L'employeur prétendait qu'il avait trop d'employés à son service et demandait à l'arbitre d'être relevé de son obligation de les maintenir en emploi, en contrepartie du versement d'une indemnité de départ. L'arbitre a refusé et a dit être lié par la clause de sécurité d'emploi, a rappelé hier Me Morissette, qui représentait le syndicat également dans ce conflit. «L'entreprise avait finalement offert de racheter des emplois», a-t-il ajouté.

