L'école du PQ

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Josée Boileau
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 juin 2006

Mots clés :

Si André Boisclair était l'homme de vision qu'il prétend être, le conseil national que le Parti québécois tient en fin de semaine sur le thème de l'éducation lui offrirait sur un plateau d'argent l'occasion de planter de solides repères et de choisir des voies d'action.

Hélas, l'électoralisme à la petite semaine risque d'éteindre bien des débats. On s'en doutait pour ce qui est du financement de l'école privée, mais Sylvain Simard, un des lieutenants de M. Boisclair, a planté le clou dans le cercueil hier: le débat est «peu pertinent en termes politiques», a-t-il affirmé à La Presse. Pour quiconque se préoccupe de l'avenir de l'éducation au Québec, ce qui est supposément le cas de M. Boisclair, le débat est pourtant pertinent, point. Que l'électorat se divise sur la question, rien de plus normal: chacun défend ses choix. Le rôle du politique est toutefois de se dégager des décisions individuelles pour en mesurer l'impact collectif. Or le fait que l'école secondaire publique -- puisque c'est de celle-ci qu'il est question -- soit de plus en plus désertée au profit du privé dès que les parents en ont l'occasion devrait sérieusement nous interpeller en tant que société. Et il y aurait bien plus à débattre que la seule question des subventions.

Mais M. Boisclair a choisi de ne pas le voir. Le «nouveau» Parti québécois, de toute évidence, ne doit pas brasser la cage; il suffit de se laisser glisser vers une éventuelle victoire en contournant les écueils, en promettant l'impossible -- non seulement maintenir le gel des frais de scolarité mais envisager en plus la gratuité complète, gentille forme de clientélisme -- et en surfant sur les clichés. (Par exemple, il faut favoriser la formation continue. Mais encore?)

À cet égard, il sera intéressant de voir la manière dont ce conseil national réglera le cas de la réforme scolaire. Le cahier d'animation soumis aux délégués s'inscrit dans la continuité de la réforme, qui voit l'école comme un lieu de «savoir, savoir-faire, savoir-être et savoir-vivre-ensemble», comme le résumait le rapport des États généraux sur l'éducation il y a dix ans. Le comité national des jeunes du PQ entend, lui, donner un coup de barre à cette approche, revenir à l'«école qui instruit» un poncif qui n'est pas plus argumenté que les autres propositions du comité (retenons un sourire devant la brillante idée d'ouvrir l'école jusqu'à 17h, comme si les services de garde ne faisaient pas en sorte qu'elle le soit déjà!) mais qui risque de plaire puisqu'il se fond dans le discours à la mode. Pour quel camp M. Boisclair optera-t-il? Pour le vent qui soufflera le plus fort?

Admettons toutefois que son choix aurait été plus simple si ce conseil national, le premier du genre au PQ, avait fait ses devoirs et revisité les États généraux, cette formidable consultation menée par les péquistes et dont on n'a pas épuisé les dizaines de recommandations qui en sont issues. Le cahier d'animation est bien en deçà de la richesse des réflexions, pas toujours unanimes!, qui avaient été dégagées à l'époque. Pire encore, le cahier n'y fait même aucune référence. Il est vrai que dix ans, c'est soudainement bien lointain pour un parti qui a décidé de se réinventer...

jboileau@ledevoir.ca


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Le PQ - un parti qui tire de l'arrière - par FARID KODSI (farid.kodsi@sympatico.ca)
Le samedi 10 juin 2006 12:00

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