L'école du PQ
Mots clés :
Si André Boisclair était l'homme de vision qu'il prétend être, le conseil national que le Parti québécois tient en fin de semaine sur le thème de l'éducation lui offrirait sur un plateau d'argent l'occasion de planter de solides repères et de choisir des voies d'action.
Mais M. Boisclair a choisi de ne pas le voir. Le «nouveau» Parti québécois, de toute évidence, ne doit pas brasser la cage; il suffit de se laisser glisser vers une éventuelle victoire en contournant les écueils, en promettant l'impossible -- non seulement maintenir le gel des frais de scolarité mais envisager en plus la gratuité complète, gentille forme de clientélisme -- et en surfant sur les clichés. (Par exemple, il faut favoriser la formation continue. Mais encore?)
À cet égard, il sera intéressant de voir la manière dont ce conseil national réglera le cas de la réforme scolaire. Le cahier d'animation soumis aux délégués s'inscrit dans la continuité de la réforme, qui voit l'école comme un lieu de «savoir, savoir-faire, savoir-être et savoir-vivre-ensemble», comme le résumait le rapport des États généraux sur l'éducation il y a dix ans. Le comité national des jeunes du PQ entend, lui, donner un coup de barre à cette approche, revenir à l'«école qui instruit» un poncif qui n'est pas plus argumenté que les autres propositions du comité (retenons un sourire devant la brillante idée d'ouvrir l'école jusqu'à 17h, comme si les services de garde ne faisaient pas en sorte qu'elle le soit déjà!) mais qui risque de plaire puisqu'il se fond dans le discours à la mode. Pour quel camp M. Boisclair optera-t-il? Pour le vent qui soufflera le plus fort?
Admettons toutefois que son choix aurait été plus simple si ce conseil national, le premier du genre au PQ, avait fait ses devoirs et revisité les États généraux, cette formidable consultation menée par les péquistes et dont on n'a pas épuisé les dizaines de recommandations qui en sont issues. Le cahier d'animation est bien en deçà de la richesse des réflexions, pas toujours unanimes!, qui avaient été dégagées à l'époque. Pire encore, le cahier n'y fait même aucune référence. Il est vrai que dix ans, c'est soudainement bien lointain pour un parti qui a décidé de se réinventer...
jboileau@ledevoir.ca
Vos réactions
Le PQ - un parti qui tire de l'arrière - par FARID KODSI (farid.kodsi@sympatico.ca)
Le samedi 10 juin 2006 12:00

