Kyoto, Afghanistan - La stratégie conservatrice a peu d'appui

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Édition du lundi 05 juin 2006

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Ottawa -- Une majorité de Canadiens s'oppose aux stratégies du gouvernement conservateur relatives à la mission de l'armée canadienne en Afghanistan et au protocole de Kyoto, et cette opposition est encore plus marquée au Québec, révèle un nouveau sondage.

Seulement quatre Canadiens sur dix appuient la décision du gouvernement conservateur de prolonger de deux autres années la mission militaire en Afghanistan, indique ce sondage, fourni à la Presse canadienne par la firme de recherche Décima.

Et moins du tiers des personnes sondées sont d'accord avec l'approche conservatrice visant à délaisser l'accord de Kyoto pour lui préférer une approche «canadienne» de la lutte contre les changements climatiques. Sur ces deux questions, l'appui recueilli est particulièrement faible au Québec, que les stratèges du premier ministre Stephen Harper voient comme une province cruciale pour transformer leur statut minoritaire actuel en gouvernement majoritaire aux prochaines élections.

À l'échelle nationale, 41 % des personnes interrogées se disent favorables (dont 11 % très favorables) à la prolongation du déploiement des troupes canadiennes en Afghanistan. 44 % se disent opposées (dont 24 % fortement opposées), les autres se disant indécises ou refusant de se prononcer. Au Québec, l'extension de la mission ne recueille que 31 % d'appuis, tandis que 64 % sont contre.

Quant au protocole de Kyoto, 59 % de l'ensemble des Canadiens estiment que l'accord est important pour le Canada et que le pays ne devrait pas se retirer du traité. 31 % sont d'avis qu'il importe peu qu'Ottawa respecte le traité, à condition qu'il y ait une solution de rechange pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les Québécois appuient Kyoto à 66 %, tandis que 27 % sont favorables à une solution de rechange.

Ce sondage téléphonique a été mené auprès de 1020 personnes du 25 au 28 mai. Ses résultats comportent une marge d'erreur n'excédant pas 3,1 %, 19 fois sur 20. Selon le p.-d. g. de Décima, Bruce Anderson, il ne semble pas que l'insatisfaction à l'égard des politiques gouvernementales concernant l'Afghanistan et Kyoto soit suffisante pour nuire à la popularité du gouvernement. D'autres données recueillies au cours de la même période de sondage, et rendues publiques plus tôt, indiquaient que les conservateurs demeuraient le parti préféré de 38 % des individus sondés, tandis que les libéraux recueillaient la faveur de 29 % d'entre eux, et les néo-démocrates, 21 %. Au Québec, le Bloc recueillait 35 % d'appuis, contre 31 % pour les conservateurs au deuxième rang.


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