Le Canada aura sa liste noire de passagers

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PC
Édition du vendredi 02 juin 2006

Mots clés : passagers

Ottawa -- Malgré les sérieuses réserves exprimées par la commissaire à la vie privée, Jennifer Stoddart, le gouvernement Harper a l'intention d'instaurer une liste de passagers indésirables pour le transport aérien -- et ce dès l'année prochaine.

Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, a aussi indiqué hier qu'il entendait conclure de nouveaux accords de libéralisation aérienne avec l'Australie et la France.

Depuis les attentats terroristes de septembre 2001, Ottawa cherche à constituer une «liste noire» qui interdirait à des personnes, dont des étrangers, de prendre tout avion au Canada ou de monter à bord d'un aéronef immatriculé au Canada, n'importe où dans le monde. La liste pourrait contenir jusqu'à 1000 noms d'individus présentant une «menace».

«La raison pour laquelle cette liste-là est constituée, c'est pour permettre aux autres voyageurs qui empruntent nos avions de le faire en toute sécurité», a expliqué le ministre Cannon après avoir comparu devant un comité des Communes.

«Ça fait partie de l'engagement du gouvernement du Canada au lendemain des incidents du 11 septembre», a-t-il ajouté.

La liste serait constituée à partir d'informations fournies par la Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité.

En août dernier, quelques jours après que l'ex-ministre libéral Jean Lapierre eut annoncé le projet, la commissaire Stoddart s'était publiquement inquiétée.

«La liste d'interdiction aérienne [...] représente une grave immixtion entravant les droits des voyageurs au Canada, le droit à la protection de la vie privée et le droit à la liberté de mouvement», avait-elle affirmé.

Selon elle, le gouvernement n'a pas encore fait la preuve de la nécessité d'une telle mesure.

Le ministère des Transports rétorque que les États-Unis ont mis en place une «no-fly list» et qu'ils songent à étendre son application aux quelque 3000 vols canadiens qui survolent leur territoire chaque semaine. Ottawa veut éviter cela en instaurant sa propre liste.

Le Congrès islamique canadien, qui craint que les musulmans soient ciblés par une éventuelle liste de passagers indésirables, s'y oppose avec force.


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