Entrée en vigueur de la Loi sur le tabac - Les groupes antitabac investiront bars et restaurants
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Les groupes de lutte contre le tabagisme s'apprêtent à célébrer, aujourd'hui, la première journée sans fumée dans tous les lieux publics du Québec.
Lors de ces festivités, des certificats de reconnaissance seront remis au ministre de la Santé, Philippe Couillard, et aux ex-ministres Clifford Lincoln et Jean Rochon, ainsi qu'à plusieurs établissements qui ont été des précurseurs dans la lutte contre le tabagisme.
Selon eux, tant les fumeurs que les non-fumeurs sortiront gagnants de l'application des nouvelles mesures mais aussi, et surtout, les travailleurs des établissements concernés, qui ne seront plus soumis à la fumée secondaire.
Celle-ci contient en effet les mêmes 4000 produits chimiques que l'on retrouve dans la cigarette, dont 50 sont cancérigènes, mais en plus forte concentration.
«On en déduit de tout ça que la fumée secondaire est plus dangereuse que la fumée qui est directement inhalée par le fumeur», souligne Suzanne Lemire, porte-parole de la Société canadienne du cancer, division du Québec.
Le tabac est responsable de 13 500 décès par année au Québec, dont 350 non-fumeurs.
Depuis l'entrée en vigueur de la première loi interdisant la fumée sur les lieux de travail, en 1998, le taux de tabagisme au Québec est passé de 34 % à 22 % en 2004. Les groupes de lutte contre le tabagisme espèrent que les nouvelles dispositions aideront à réduire encore davantage ce taux.
Le porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, Louis Gauvin, signale qu'il y a toutefois encore beaucoup à faire, alors qu'il reste 1,2 million de fumeurs au Québec et que 35 000 jeunes âgés de 9 à 17 ans commencent à fumer chaque année. Il promet d'ailleurs une surveillance de tous les instants de l'industrie du tabac dans les années à venir.
Les propriétaires de bar, quant à eux, s'inquiètent toujours des répercussions de cette nouvelle loi antitabac, qui est entrée officiellement en vigueur à minuit, cette nuit. Ils craignent des pertes importantes de revenus, d'emplois et des fermetures.
Certains tenanciers ont même fait savoir qu'ils n'avaient pas l'intention de faire appliquer la loi. Le ministère de la Santé a annoncé de son côté que des inspecteurs vont faire des visites-surprises dans ces établissements pour vérifier si la loi est respectée.
«On comprend que plusieurs propriétaires de bar et de restaurant puissent être inquiets de perdre de la clientèle. Mais avec tout près de 80 % de non-fumeurs, c'est l'ensemble de la population qui va être très fière de ça», a souligné Daniel Veilleux, directeur de l'Association régionale du sport étudiant de la région de Québec et de Chaudière-Appalaches.
«Imaginez les enfants qui vont pouvoir aller dans les restaurants avec les parents, les enfants asthmatiques, sans avoir peur d'avoir une crise d'asthme», a ajouté Louis Bisson, de l'Association pulmonaire du Québec.
Par ailleurs, le président de l'Union des tenanciers de bars du Québec, Peter Sergakis, estime que le gouvernement aurait pu atteindre son but en laissant aux établissements le choix d'être des lieux pour fumeurs ou pour non-fumeurs.

